« Une probabilité de séisme d'un tous les deux siècles »

recueilli par Amandine Rancoule

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Olivier Bellier, géologue.
Olivier Bellier, géologue. — DR

A l'occasion de l'exercice sismique organisé aujourd'hui sur le site de Cadarache, Olivier Bellier, géologue au centre européen de recherche et d'enseignement des géosciences de l'environnement (Cerege) de l'Arbois, et professeur à l'université Paul Cézanne revient sur l'hypothèse d'un accident nucléaire initié par un séisme.

Existe-t-il des risques de séisme sur le site nucléaire de Cadarache ?
On ne parle pas de risques de séisme sur le site de Cadarache, mais d'aléa. La faille située à proximité du commissariat à l'énergie atomique (CEA) repérée le long de la Durance et nommée la « faille moyenne Durance », reste susceptible de produire des événements relativement importants pour la France, allant de 6 à 7 sur l'échelle de Richter.
Quelles mesures sont prises

pour éviter ces aléas ?
Cadarache a été construit il y a plusieurs dizaines d'années. A l'époque, la faille était faiblement connue et ce n'était donc pas la préoccupation première du CEA. On ne peut pas éviter les tremblements mais désormais, Cadarache dispose d'une réglementation draconienne et de mesures préventives. L'information et l'éducation de la population et du personnel sont prioritaires. C'est l'objet de l'exercice, certainement prévu depuis longtemps mais dont la mise en œuvre a peut être été accélérée par le tsunami de Fukushima. Ensuite, les constructions sur le site sont parasismiques, c'est-à-dire qu'elles empêchent l'effondrement de l'immeuble, par exemple avec un chaînage de l'armature métallique le rendant élastique.

A combien estimez-vous les risques pour la région?
En 1909, la faille s'est réactivée, créant le tremblement de Lambesc, de magnétitude 6. Un des cinq plus gros de France. Dans la région, on considère la probabilité d'un séisme très moyen, soit entre 5 et 5,5, à un tous les deux siècles.