Coup de froid pour la mutualité

Jérôme Comin

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Des centaines de personnes se sont rassemblées hier devant la préfecture.
Des centaines de personnes se sont rassemblées hier devant la préfecture. — F.PENNANT / 20 MINUTES

Douche écossaise. Les représentants des médecins et les syndicalistes du Grand Conseil de la Mutualité (GCM), qui se sont rendus hier soir à la préfecture, en sont sortis déçus. Ils souhaitaient obtenir la mise en place d'une table ronde pour aborder l'avenir du réseau de santé mutualiste des Bouches-du-Rhône, placé en cessation de paiement depuis novembre.

« On ne sait plus quoi penser »
« Ce rendez-vous est un véritable bide, grince Dominique Eddi, secrétaire du syndicat des médecins du GCM. Les représentants du préfet et de l'agence régionale de santé (ARS) estiment aujourd'hui qu'il n'y a pas lieu d'organiser une table ronde alors qu'ils nous avaient promis de le faire il y a deux mois. » Une mauvaise nouvelle pour les membres du GCM alors qu'un peu plus tôt dans la journée le TGI avait prolongé de quatre mois la période de redressement. « C'était une bonne chose car cela signifie que le tribunal estime que sur l'activité des deux derniers mois, les comptes sont bons, détaille Lisa Wagneur, médecin généraliste à la Ciotat. Il faut que l'Etat mette la main à la poche. » Et parmi, les centaines de personnes rassemblées hier soir devant la préfecture pour défendre les centres de santé, l'inquiétude gagnait du terrain. « On ne sait plus trop quoi penser, souffle Claude, infirmier à la clinique de Bonneveine qui fait partie des 12 centres du département. Même si on ne veut pas y croire, on craint de perdre notre travail. » Car si aucune solution n'est trouvée, ce sont 1 200 emplois qui sont menacés. « Nous n'allons pas baisser les bras et nous trouverons d'autres moyens d'actions pour nous faire entendre, affirme Dominique Eddi. Car il ne faut pas oublier qu'environ 200 000 personnes se font soigner chaque année dans ces centres des Bouches-du-Rhône. »