Jacky le Mat, un ami qui leur veut du bien

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Jacques Imbert est-il le dernier parrain d'une certaine pègre marseillaise, celui qui aurait envoyé des hommes de main racketter en échange de sa protection ? Hier, lors de la deuxième journée d'audience, la 7e chambre correctionnelle de Marseille a surtout pu constater que « Jacky le Mat » (le fou) a toujours un sacré bagout. Il a aussi beaucoup d'« amis », dont trois ont défilé hier à la barre.

Pierre Ossana, richissime marchand de biens parisien, a admis lui avoir versé 540 000 francs entre 1992 et 1993. « Par pure amitié », assure-t-il devant un tribunal, sceptique. Le président Bréjoux vient de lire des écoutes policières où le marchand de biens s'énerve à la veille d'un versement : « [Jacky] me fait chier, je le supporte plus. Au début, c'était un doigt, maintenant, c'est la main. »

Deux patrons de boîtes de nuit assurent ensuite avoir « prêté » de l'argent à Jacky, niant avoir été menacés malgré des écoutes policières qui montrent le contraire : en langage codé (l'argent devient le « machin » ou le « courrier »), Jacques Imbert envoie divers intermédiaires (une maîtresse, un caïd, une amie d'enfance) récupérer de mystérieuses enveloppes pleines d'argent. « Racket », déclare une ancienne amie aux enquêteurs. Le Mat, faussement choqué : « Oh, ça, c'est pas gentil de sa part. » Quelques instants plus tôt, lors d'une suspension d'audience, le Mat, souriant et détendu, confiait : « Tout ça, c'est le folklore. » Le tribunal s'en offrira encore une tranche demain, pour l'avant-dernière journée d'audience.

G. I.