Les infirmiers libéraux piquent une grosse colère

Jérôme Comin

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Les infirmiers libéraux craignent de ne plus pouvoir assurer les soins aux domiciles de personnes dépendantes.
Les infirmiers libéraux craignent de ne plus pouvoir assurer les soins aux domiciles de personnes dépendantes. — F.PENNANT / 20 MINUTES

La fièvre monte chez les infirmiers libéraux. Depuis la mi-décembre, près d'une centaine d'entre eux ont reçu un courrier de la part de la CPAM 13 où il leur est signifié une notification d'indus. En clair, l'organisme leur demande de restituer des sommes qu'ils ont perçues pour des actes dispensés depuis deux ans. Des sommes qui avoisinent les 100 000 € pour certains d'entre eux. Du coup, le collectif Info-des-Idel s'est créé pour défendre leurs intérêts. « Des contrôles ont été effectués sur les actes infirmiers de soins (AIS) – toilette, piqûres, etc. – réalisés chez des patients dépendants, explique un membre de l'association. Ces AIS sont facturés par tranche de 30 ou 60 minutes, mais il nous arrive de passer moins de temps et du coup d'en réaliser plus dans une journée de 24 heures. C'est sur ce point que portent les indus, mais la CPAM ne prend pas en compte la pénibilité de ces actes. » Le collectif dénonce cette nomenclature qui risque, selon eux, d'empêcher les infirmiers libéraux de faire face à la demande croissante de soins à domicile. Sans compter qu'ils doivent rembourser des sommes importantes avant le 22 janvier.
« On a le sentiment que la CPAM a trouvé un moyen de créer de nouvelles recettes », se désole une infirmière qui exerce depuis huit ans et qui doit 49 000 €. Sollicités par Info-des-Idel, les syndicats ne semblent pas prêts à monter au créneau. « C'est une situation désolante mais il y a eu trop d'abus et certains se sont tiré une balle dans le pied », explique Noelle Chabert, secrétaire nationale de Convergence infirmière. L'asso a ainsi décidé de se rendre le 17 janvier dans les locaux du conseil départemental de l'Ordre infirmier pour obtenir de l'aide dans ce conflit.