Des violences stupéfiantes

hanifa Charif

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La cité de la Rougière dans le 11e.
La cité de la Rougière dans le 11e. — F.PENNANT / 20 MINUTES

Les jours se suivent et se ressemblent tragiquement depuis plusieurs jours à Marseille. Dernier épisode en date, la fusillade vendredi soir à la cité de la Rougière (11e) où deux jeunes délinquants d'une vingtaine d'années ont été blessés par six projectiles de 5,56 mm. Ni plus ni moins que le calibre du Famas, le fusil d'assaut de l'armée française. Motif de cette fusillade : un différend entre cités dans lequel la drogue n'aurait pas joué de rôle, selon une source proche de l'enquête. Ce qui n'est pas le cas pour le règlement de compte qui a eu lieu dans la nuit du dimanche 25 décembre.

« Un business » juteux
Deux des trois jeunes retrouvés dans une voiture brûlée partageaient depuis quelques semaines un appartement aux Micocouliers à Saint-Joseph (14e), cité devenue un symbole des ravages exercés par le trafic de drogue. Sonny Alberro, avait fêté ses 20 ans en octobre après des infractions à la législation sur les stupéfiants punies par le tribunal pour enfants. De son côté, Mohamed Bouhebel – dit « Boule » –, au casier identique, avait 19 ans. Le même âge que la troisième victime, Nouri Oualane qui le premier a permis leur identification à cause de l‘Audi A3 carbonisée sur le chemin des Fraises et qui a servi de cercueil au trio abattu de huit balles d'un même pistolet 9 mm. Les enquêteurs s'intéressent à la chronologie des meurtres intervenus aux Micocouliers et le voisinage depuis l'élimination de Kader Berouag, 22 ans, en juin 2009.
Combien rapportait le « business » dans cette cité ? A Marseille, les chiffres oscillent entre 10 000 € quotidiens pour les lieux très prisés à 100 000 € mensuels pour les grosses cités. Il y a quelques années près de Font-Vert (14e), la BAC avait récupéré environ un million d'euros dans des sacs poubelles. Un épisode resté célèbre qui fait dire au préfet de police Alain Gardère qu'il n'y a pas de gros trafic sans acheteurs.

Lutte

La préfecture affirme que 746 trafiquants ont été arrêtés depuis le début de l'année, tandis que les homicides ont été résolus dans plus de 77 % des cas. Depuis début septembre, 380 armes à feu ont été saisies lors de diverses opérations.