Arnaque aux allocs : trois mises en examen

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Trois gérants d'hôtels marseillais ont été mis en examen samedi pour escroquerie, faux et fraude fiscale, après le démantèlement jeudi d'un réseau de détournement d'allocations. Deux d'entre eux ont été écroués. Des perquisitions avaient été menées jeudi à Belsunce (1er), dans des hôtels meublés. Elles auraient permis d'établir que plusieurs centaines d'Algériens avaient bénéficié de fausses attestations de résidences, depuis quatre ans, pour percevoir des prestations sociales. Les sommes indûment versées atteindraient 4,5 millions d'euros, dont 92 % au titre de complémentaires-vieillesse.

Dès vendredi, les associations Centre-ville pour tous (CVPT) et Le Rouet à coeur ouvert (Raco) ont dénoncé « l'amalgame » entre cette affaire et la situation des « chibanis », retraités maghrébins vivant pour la plupart dans des hôtels meublés de Belsunce. Depuis huit mois, l'administration fiscale refuse de délivrer à 3 000 d'entre eux les attestations de non-imposition nécessaires pour toucher leurs allocations. L'administration affirme ne pas avoir de preuve de leur résidence en France. « Il faut faire la différence entre des vieux travailleurs en règle avec la loi et des personnes qui, si elles ont fraudé, méritent d'être sanctionnées », estime l'association CVPT, qui a saisi la Haute autorité de lutte contre les discriminations. « Les chibanis ont travaillé des années en France, ils ont cotisé, souligne le Raco. Ils ont été exploités. Leur retraite est si faible qu'ils ont droit à une allocation de solidarité. »

Frédéric Legrand

Un stock de formulaires vierges de demande d'allocation et de domiciliation a été saisi lors des perquisitions. « Il s'agit d'une véritable organisation structurée », estime une source proche de l'enquête.