L'homme qui en avait sous le chapeau

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Quand les Marseillais parlent de lui, ils disent « Gaston », ou « le maire illustre ». A la tête de Marseille pendant trente-trois ans, ministre initiateur de la décolonisation et de la décentralisation, Gaston Defferre est décédé il y a vingt ans, le 7 mai 1986. « Il m'a appris beaucoup de choses, notamment la ponctualité », assure Jean-Claude Gaudin, son successeur (UMP) à la mairie, élu pour la première fois en 1971 sur la liste de Defferre. « J'admire la façon dont il dirigeait la ville. » Né en 1910, Gaston Defferre s'inscrit au barreau de Marseille en 1931. Dès 1933, il entre à la SFIO. La guerre est le tournant de sa vie. Il entre dans la Résistance. A la Libération, il est chef de la délégation municipale et prend la direction du quotidien Le Provençal, un des éléments clé de sa carrière politique. Defferre, élu maire en 1953, le restera jusqu'à sa mort. « C'était un visionnaire, estime Jean-Noël Guérini, président (PS) du département et candidat potentiel à la mairie. Il a su rassembler les Marseillais. » Jusqu'en 1976, Defferre gouverne au centre, refusant l'alliance avec les communistes. Sa mort ouvre une guerre interne au PS. Après un mandat durant lequel Vigouroux, ami de Defferre, essaie de gouverner au-delà des partis, la gauche ne peut empêcher la victoire de la droite, menée par Gaudin, aux municipales en 1995.