La police veut des moyens face «à la folie»

amandine rancoule avec hanifa Charif

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Près de 600 personnes se sont rassemblées vendredi en soutien Éric, blessé par trois balles.
Près de 600 personnes se sont rassemblées vendredi en soutien Éric, blessé par trois balles. — J-P. PELISSIER / REUTERS

L'Elysée pourrait recevoir ce soir les syndicats de police. Hier, ces derniers attendaient toujours une confirmation. Dans un climat marseillais tendu, où trois fusillades à l'arme de guerre ont éclaté la semaine dernière, dont la dernière jeudi soir, les forces de l'ordre demandent « plus d'effectifs ». La police « doit obtenir les moyens de son action pour combattre une montée exponentielle de la violence », estime le syndicat Unité SGP Police. De son côté, Claude Guéant, le ministre de l'Intérieur, veut « mener, à Marseille, des opérations de récupération ». Hier, dans une interview au Journal du dimanche, il expliquait : « Nous irons chercher les armes dans certaines cités. Nous y mettrons les moyens ».

« Dans un jeu vidéo »
Une allusion au plan « Brennus », qui, après le règlement de compte du Clos la Rose en 2010, a permis en deux mois la saisie d'une centaine d'armes. A l'heure où le plan anti-braquages « Danton » et la sécurisation du centre sont enclenchés, la police s'interroge. « Nous nous retrouvons face à des armes de guerre et à la folie de ceux qui les emploient comme si nous étions dans un jeu vidéo, souligne Fabrice Hiller, secrétaire régional de SGP Police. Il ne se passe pas un jour sans que l'on parle d'un braquage, d'un règlement de compte ou d'une fusillade à la kalachnikov ». Vendredi, 600 policiers en civil se sont réunis devant la préfecture pour soutenir leur collègue de la brigade anti criminalité, grièvement blessé pendant une fusillade dans la nuit de dimanche à lundi dernier à Vitrolles. Le même jour, une deuxième fusillade a éclaté après un braquage dans le 13e. Deux hommes, de 21 et 22 ans ont été mis en examen vendredi. « Un certain nombre de jeunes veulent en découdre, sont prêts à s'exposer et à exposer les autres. Le plus inquiétant, c'est cet usage d'armes de guerre », estime, Jacques Dallest, le procureur de la République. Elles représentent un quart des 138 armes saisies dans le département depuis le début de l'année.