Les Fralib veulent travailler

amandine Rancoule
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Les salariés patientent devant l'usine où 100 tonnes de matières premières sont stockées.
Les salariés patientent devant l'usine où 100 tonnes de matières premières sont stockées. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

   Ils attendent. En tenue verte de travail, une centaine de salariés de l'usine de thé et d'infusion Fralib ont demandé hier matin sur le site de Gémenos la reprise d'activité, quinze jours après l'annulation du plan social d'Unilever par la cour d'appel d'Aix. 

 « Un chantage »
Selon eux, sur les 155 salariés licenciés, 81 ont fait une demande de réintégration, en plus des salariés protégés. « Donc il y a une large majorité qui, malgré le chèque agité par la direction, souhaite reprendre le travail », explique Olivier Leberquier, un délégué syndical CGT. « Aucune activité ne pourra reprendre avant de demander aux salariés licenciés s'ils souhaitent être réintégrés dans l'entreprise ou indemnisés », précise de son côté la direction. Pour l'heure, 30 % des 155 salariés ont été reçus. Sur ses 50 personnes, quatre ont demandé un délai de réflexion. Quarante-six ont préféré une indemnisation à une réintégration. « Un chantage », dénonce la CGT. Selon Olivier Leberquier, « autour de 60 000 euros sont proposés en plus des obligations légales, soit un an de salaire et une aide à la création d'entreprise ».
  Tout en estimant « inéluctable » la fermeture de l'entreprise, la direction rappelle que la reprise d'activité est aussi soumise à « la cessation d'occupation du site de Gémenos ». Depuis quatorze mois, les salariés restent jour et nuit à l'usine. Ils craignent un déménagement ou « une destruction » de leur outil de travail s'ils quittent les lieux.
 

justice

Une audience aux prud'hommes est prévue ce matin à 8 h. Vingt-deux salariés de Fralib demandent à Unilever le paiement de leurs salaires pour les mois de septembre et d'octobre. Le plan social ayant été annulé, ils ne sont plus licenciés. Sans salaires, ses personnes bénéficient de « la solidarité financière d'entreprises citoyennes ».