Toute l'Europe tient dans un bureau

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Il est 10 heures, et comme tous les matins, les 25 porte-parole des commissaires européens vont s'inquiéter de savoir comment Marseille perçoit l'Europe... Installée devant deux écrans de visio-conférence, la responsable de la représentation de la commission européenne à Marseille, Blandine Pellistrandi, détaille, comme les 32 autres représentations installées en Europe, comment l'actualité de Bruxelles est vécue en région. Hérité de l'ère Deferre, le bureau marseillais, qui célèbre cette semaine son vingtième anniversaire, a vu son rôle monter en puissance. « La représentation est une courroie de transmission dans les deux sens : on aide les acteurs locaux sur leurs projets en rapport avec la commission comme on renseigne Bruxelles sur ce que l'opinion publique pense d'elle », explique Blandine Pellistrandi.

Depuis le rejet de la constitution, le besoin de communication s'est fait plus pressant. « Pendant longtemps, les élus ont systématiquement rejeté les problèmes sur l'Europe, elle est devenue une bête noire », reconnaît l'eurodéputé et vice-président du conseil régional Guy Bono (PS). Pourtant, « l'impact de l'Europe sur la région est considérable, elle a par exemple alloué un milliard d'euros à Paca depuis 2000 », souligne Christophe Angelibert, chargé des questions européennes à la préfecture. En France, ce bureau est la seule représentation de la commission installée hors de Paris. Il est « un tuyau reliant directement Marseille et Bruxelles, poursuit Christophe Angelibert, mais est encore trop peu exploité. »

Laurent Berneron

Fin 1985, Gaston Deferre (PS), maire de Marseille et ministre de l'Aménagement du territoire, obtient de Jacques Delors (PS), président de la commission européenne, la création du bureau de Marseille.