Grippe aviaire : "Nous continuons la surveillance"

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Jean Lessirard, directeur départemental des services vétérinaires, au sujet de la grippe aviaire

Le 5 mars, la préfecture des Bouches-du-Rhône a mis en place un dispositif de protection après la découverte d'un cygne porteur du virus H5N1 près de Saint-Mître- les-Remparts. Quelle est la situation aujourd'hui ?

Aucun autre cas d'animal infecté n'ayant été détecté, les périmètres de protection [3 km autour du lieu de découverte de l'oiseau infecté] et de surveillance [3 à 10 km autour de la zone] ont été levées par arrêté préfectoral le 5 avril. Le département est donc désormais dans une situation similaire à celle du reste de la France, c'est-à-dire toujours sous le coup des mesures de confinement prises en octobre : les parcours en extérieur sont autorisés dans les élevages, mais l'alimentation se fait toujours à l'intérieur. Nous continuons à surveiller la mortalité de la faune sauvage.

D'autres autopsies ont-elles été pratiquées sur des animaux suspects ?

Quasiment tous les jours, entre deux et trois oiseaux morts sont envoyés dans l'Ain pour analyse. Mais c'est simplement la procédure dès que la cause du décès n'est pas claire. Sur les quelque 80 autopsies pratiquées depuis la découverte du cygne infecté à Saint-Mître-les-Remparts, tous les résultats sont à ce jour négatifs.

Le cygne infecté de Saint-Mître était donc un cas isolé ?

Il venait peut-être de l'Ain et a pu se tromper de chemin migratoire... Ce qui est sûr, c'est qu'il ne venait pas des migrations du sud.

Les mesures de prévention adoptées ont-elles aussi joué ?

La vigilance conduit à mieux comprendre certaines de contraintes. Face à la possibilité d'une épidémie, les mesures d'hygiène normalement appliquées par les éleveurs l'ont été plus rigoureusement. Ce qui fait que le milieu naturel a eu moins d'effets sur l'élevage. En rentrant l'alimentation, on a limité les risques.

Le risque d'épidémie est-il derrière nous ?

De la circulation d'influenza [virus de la grippe aviaire], il y en a sur le territoire. Mais de la circulation d'influenza H5N1 [la souche la plus virulente], hormis les cas de l'Ain et du cygne de Saint-Mître, à l'heure actuelle, il n'y en a apparemment pas en France. Ce qui ne veut pas dire qu'il faille arrêter l'observation de la faune sauvage, notamment en période de migration. En parallèle, il faut rappeler aux éleveurs que les mesures d'hygiène doivent être mises en oeuvre pendant les périodes à risques, mais aussi en dehors.

Quand les mesures de  confinement pour l'alimentation seront-elles levées ?

La date initialement prévue était le 31 mai. Si les mesures sont prorogées jusqu'en septembre, ça n'en vaut pas la peine, puisque c'est la période où les migrations reprennent dans l'autre sens. Le confinement devrait donc se poursuivre. Mais c'est à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) de donner son avis.

Recueilli par Stéphanie Harounyan