Un problème de sureffectif majeur chez les mineurs

Jérôme Comin

— 

En mai dernier, une surveillante avait été agressée par l'un des jeunes détenus  de l'EPM.
En mai dernier, une surveillante avait été agressée par l'un des jeunes détenus de l'EPM. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Des problèmes sortent de l'ombre. L'établissement pénitencier pour mineurs (EPM) de La Valentine (11e) tourne en surrégime actuellement. Selon la CGT de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), le seuil du nombre de détenus a été dépassé, passant de 58 – limite négociée avec l'administration – à 63. « Ce centre est engorgé », se désole Isabelle Audureau de la CGT-PJJ. Mis en service en 2007, l'EPM, qui accueille des mineurs de 13 à 18 ans, avait déjà été pointé du doigt par les surveillants en mai après l'agression de l'une de leurs collègues. Depuis, un compromis avait été trouvé et les syndicats reconnaissent que l'été avait été plutôt calme. « Mais aujourd'hui, nous sommes obligés de doubler le nombre de détenus par cellule, détaille Frédéric Jouperjean, secrétaire du syndicat Ufap Unsa Justice. Et quand nous le faisons remarquer à la direction, on nous répond que c'est le cas dans tous les établissements pénitentiaires. Mais l'EPM doit avoir un statut particulier. » Une surpopulation qui s'explique par une politique répressive du parquet de Marseille plus importante qu'ailleurs affirment les syndicats. « La Paca détient le record du nombre d'incarcération, explique Isabelle Audureau. Il est quatre fois supérieur au reste du territoire. » Du coup, la situation est tendue. Les salles de classes passent de six à huit élèves et, surtout, les quartiers réservés aux nouveaux arrivants ne connaissent plus de turnover. « Les jeunes sont censés y passer 5 à 10 jours, mais là, ils restent plus longtemps, fustige Frédéric Jouperjean. Pourtant, ce ne sont pas des quartiers de vie. » La CGT a demandé vendredi une réunion avec la direction et envisage des actions futures.