blocus du site de berre pour sauver les emplois

amandine rancoule

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Les quatres raffineries de Berre représentent 32% du raffinage français.
Les quatres raffineries de Berre représentent 32% du raffinage français. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Entrées entravées, portails verrouillés, et dépôts bloqués. Les salariés de LyondellBasell sont déterminés. Réunis hier midi en assemblée générale, ils ont voté massivement un mouvement « de grève dure » de 48 heures reconductible, suite à l'annonce de la fermeture de la raffinerie par la direction. Au total, 370 emplois directs sont concernés par la fermeture, et autant de sous-traitants. « La mise en vente n'a débouché sur aucune offre de reprise, explique Jean Gadbois le directeur général du site de Berre. La raffinerie continue de subir de lourdes pertes et ne parvient pas à devenir rentable ». Le 31 mai, le groupe américain avait annoncé son intention de vendre le site d'une capacité de 105 000 barils par jour, « les projections économiques s'étant révélées inférieures aux projections économiques faites à l'époque de l'acquisition » à Shell en 2008. LyondellBasell aurait perdu 400 millions d'euros depuis le rachat alors que les pertes prévisionnelles pour 2012 étaient de 140 millions d'euros.
« Le processus de vente a duré un mois et une semaine. Même ma maison, je ne la vends pas en un mois et une semaine, lance au micro Fabien Astier, le délégué CGT. Ce sont des voyous », ajoute-t-il sous les applaudissements. « La direction nous a manipulés : les salariés sont peut-être des grains de sable dans la machine mais ce sont aussi des freins dans les rouages, surenchérit Patrick Sciurca, représentant de l'intersyndicale et salarié depuis 35 ans. Au-delà de la raffinerie, l'ensemble des activités pétrochimiques est menacé. » Derrière lui, des pneus s'enflamment, dégageant une épaisse fumée noire. Comme un signal aux trois autres raffineries autour de l'étang de Berre, et « à la France entière ». Des assemblées générales devaient d'ailleurs être convoquées par la CGT ce matin dans toutes les raffineries françaises pour discuter des suites à donner à la fermeture de LyonDellBasell.