Des Frioulais trop seuls sur leur île

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Terrasses vides, magasins fermés, touristes aux abonnés absents... Au large de Marseille, le Frioul a des airs d'île déserte. Depuis le 21 mars, date de la reprise de la desserte par la compagnie If Frioul Express, filiale de Veolia, les commerçants frioulais accusent le coup. Un bateau pour sept rotations par jour contre huit assurant une rotation toutes les heures au temps du GACM, selon les habitants.

Roger Picano, patron du restaurant Le Kaï Kaï, est révolté : « La mairie nous laisse tomber, on nous empêche de travailler. Actuellement, mon restaurant réalise seulement 30 % de son chiffre d'affaires. Si ça continue je ne pourrai pas embaucher de personnel cet été. » Chez les habitants aussi, la colère a le vent en poupe : « Le Frioul, c'est l'île de l'oubli, sauf pour les impôts, proteste une retraitée. Pourtant, c'est un quartier de Marseille comme les autres. Tout ce qu'on demande, ce sont deux ou trois bateaux supplémentaires ! Nous n'avons plus d'abris pour nos caddies, plus de salle d'attente... On va continuer à se battre ! »

Les Frioulais ont rencontré hier matin le vice-président de la chambre de commerce, Jean-Marc Avram. La chambre entend les aider en faisant jouer ses relations et en demandant des reports de charges. Les solutions proposées jusqu'ici par la communauté urbaine de Marseille ne sont pas jugées satisfaisantes par le comité d'intérêt de quartier du Frioul (CIQ) : « Les commerçants frioulais travaillent quatre mois par an. Si on les en empêche, c'est toute l'activité économique de l'île qui est menacée et, à terme, ses habitants, assure Gilles Benoît, président du CIQ. Le week-end dernier, environ 120 touristes sont restés à quai au Vieux-Port dès 14 h, le nombre de rotations n'étant pas suffisants pour les faire rentrer sur le continent le soir. »

Julien Giovanella

Marc Blondel a accusé le gouvernement de « néo-poujadisme », dans une interview au Monde, et se dit prêt à « tenir le maximum de temps ».