Affaire David Gros : dernière condamnation

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Un jeune homme de 22 ans qui comparaissait hier pour l'agression homophobe de David Gros a été condamné hier à trois ans de prison dont deux avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille. Patrick Brandello était le seul majeur à avoir participé à l'agression, durant laquelle David Gros, 26 ans, avait été passé à tabac à coups de casques de moto et de barre de fer. Les six autres agresseurs, mineurs, ont déjà été condamnés lundi à de la prison ferme.

Bras croisés à la barre, Patrick Brandello garde ses distances. La nuit du 13 août 2004, il était bien avec les autres dans la cité de Saint-Giniez (8e), lieu de drague homosexuelle. « Mais je ne l'ai jamais frappé », martèle-t-il, tout comme il réfute l'accusation d'homophobie. « Je n'ai rien contre eux, mais on aurait aimé que le quartier soit propre. Il y avait les capotes par terre... » « D'après les dépositions, le groupe décide ce soir-là d'aller à “la chasse au pédé” », reprend la présidente. Les sept garçons se cachent derrière un buisson. David Gros, qui se promène avec un ami, est la première proie qui se présente. Le jeune homme tente de s'enfuir, mais il est rattrapé. « Je suis arrivé en retard sur le groupe, c'était déjà fini », martèle le prévenu. Je l'ai vu allongé, mais j'ai pas vu le sang. » Il prendra la fuite avec les autres, sans prévenir les secours. « Vos clignotants d'être humain n'ont pas fonctionné ce soir-là... », résume la présidente.

Assis tout près du prévenu, David Gros encaisse. Très éprouvé lorsqu'il évoque l'agression et ses séquelles lourdes, le jeune homme insiste surtout sur la « grande lâcheté » de ses agresseurs. « Arriver à tout nier, ça me laisse sans voix. » « Ils se sont acharnés sur son visage, c'est son identité qu'on a voulu annuler, reprend Alain Molla, avocat de David Gros, partie civile aux côtés de la Ligue des droits de l'homme et de SOS Homophobie. Vous aviez une lourde responsabilité en tant que seul majeur. » « J'ai le sentiment d'assister à une mise à mort, je n'entends parler que de coups qu'il n'a pas portés, s'énervera Jean-Claude Valera, avocat de la défense », qui a plaidé sans succès la relaxe.

S. Harounyan