Il sort enfin la tête de l'eau

jérôme comin

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Le mérou repeuple les fonds.
Le mérou repeuple les fonds. — Visual & Written/SUPERSTOCK/SIPA

Le mérou ne nage pas encore dans le bonheur mais il respire tout de même mieux dans les eaux marseillaises. Le groupement d'intérêt public (GIP) des Calanques a de nouveau organisé le week week-end dernier un comptage de cette espèce emblématique de la mer Méditerranée.

Cinquante individus
Lors de ces opérations, qui se sont déroulées sur quinze sites autour des archipels de Riou, du Frioul et du Cap Morgiou, cinquante mérous ont été repérés par les plongeurs, contre 45 lors du même comptage l'année dernière. En 2003, un seul poisson de cette espèce avait été repéré. Une tendance « encourageante » pour Anne-Laure Clement, la chargée d'études des milieux marins au groupement d'intérêt public. « Cela prouve que la qualité de l'eau s'est améliorée dans la région, précise-t-elle. Mais ce résultat est surtout le fruit du moratoire interdisant sa chasse et sa pêche avec des hameçons. » Très prisé pour son goût et sa taille, prise flatteuse pour n'importe quel pêcheur, l'espèce était en voie de disparition avant la mise en place de ces interdictions il y a huit ans. Seul problème: le moratoire est censé s'achever dans deux ans, en 2013, ce qui donne des vagues à l'âme au GIP. « Nous souhaitons qu'il soit prolongé pour permettre à l'espèce de se reproduire, affirme Anne-Laure Clément. Nous voyons bien que lorsque le mérou est protégé, comme c'est le cas dans le parc marin de la Côte bleue [allant environ de Martigues au Roves et comprenant deux réserves marines protégées], les résultats sont là : la population de Mérou compte entre 500 et 600 poissons. » Un enjeu d'autant plus important que le retour de cette espèce, indicatrice de la qualité du milieu marin, est le signe que la chaîne alimentaire qui le précède est en bonne santé. En effet, le mérou est un prédateur de plus haut niveau.

Corb

Seul ombre au tableau du comptage effectué, l'absence de corb dans la région alors que trente avaient été recencés l'an passé. « Ça ne veut pas dire qu'il n'y en a plus, précise le GIP. Mais étant donné que c'est une espèce sédentaire, c'est étrange ».