Convoitises sur le foncier

amandine rancoule

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L'ancien site industriel de l'Estaque jouit d'une situation exceptionnelle.
L'ancien site industriel de l'Estaque jouit d'une situation exceptionnelle. — Cyril BECQUART / ALTIVUE

Dix ans de travaux. L'ancien site industriel de l'Estaque (16e), propriété de Retia, filiale de Total, est toujours en cours de dépollution. Situé à flanc de colline sur le massif de la Nerthe, face à la mer, le terrain de 39 hectares a été souillé, notamment avec du plomb et de l'arsenic, par les activités des usines chimiques et métallurgiques installées en 1983. Au terme des Trente Glorieuses, l'activité chimique a été stoppée, la métallurgie a été poursuivie jusqu'en 2002. « Des arrêtés préfectoraux ont ensuite fixé les objectifs de dépollution, c'est-à-dire réintéger l'ensemble du site dans son environnement naturel », explique François Rommelaere, le directeur délégué de Retia. Selon lui, les travaux « d'un des plus grands chantiers de France » devraient prendre fin en 2012. Le terrain pourrait alors susciter des convoitises immobilières : « Aucun foncier de cette importance n'est disponible à Marseille », assure François Rommelaere.

De futurs aménagements
« Laisser ce terrain en friche ou à l'abandon n'est pas possible, commente Roland Blum (UMP), premier adjoint au maire. Pour le moment, nous voyons plutôt un aménagement mixte, avec des activités grand public, des équipements… » Mais avant de construire, les obstacles semblent multiples. Le terrain disponible pour les futurs aménagements est situé sous un autre terrain souillé. Ces travaux de dépollution ont été confiés à une société, Recylex, et pourraient prendre davantage d'années. « On ne peut pas imaginer construire en bas si le terrain d'en haut n'est pas dépollué à cause des eaux de ruissellement contaminées », précise Valérie Coat, la chef de projet à Retia. Autre problème majeur : la présence de couloirs aériens au-dessus du site qui interdit la construction selon le plan d'exposition au bruit. « Si les couloirs aériens sont modifiés, cela pourrait libérer des zones pour l'activité logements », espère Roland Blum. La construction d'un musée de la mer, d'une galerie commerciale ou d'un aquarium géant est aussi envisagée.

travaux

La terre excavée est stockée dans des alvéoles étanches sur une zone du site interdite au public. Un million de tonnes de remblai va être excavé et confiné dans cette zone. Au total, quatre alvéoles, dont deux sont déjà recouvertes, d'un hectare chacune sur quinze mètres de profondeur environ, surplombent le terrain disponible pour de futurs aménagements.