L'Olympique de Marseille, une équipe sans capitaine

©2006 20 minutes

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Qui tient les leviers dans le milieu du foot ? A l'audience, le président Turbeaux a cité les propos d'un agent de joueur, interceptés par écoute téléphonique lors d'une conversation avec un élu marseillais : «Aujourd'hui, ce ne sont plus les clubs qui ont le pouvoir, ce sont les agents et les joueurs. » Les débats ont prouvé que cela dépend surtout du classement du club. Le haut du tableau européen est en position de force pour négocier face aux joueurs et aux agents. Pour engager Thierry Henry en 1999, Arsenal ne débourse « que » 200 000 francs de commission. Alors qu'au même moment, l'OM paie 300 000 francs de commission sur le transfert de Diawara. « Il est plus facile de convaincre quelqu'un d'aller jouer à Arsenal », a reconnu à la barre Robert Louis-Dreyfus. Situé en première partie de tableau français mais souvent absent des compétitions européennes, l'OM semble ne pouvoir engager des stars qu'en rémunérant grassement et au black agents et joueurs. Des stars qui jouent les divas en faisant tout prendre en charge par leur club : agent, voiture, téléphone, maison. Dès lors, au sein de l'OM, on ne sait plus qui commande. Le fonctionnement financier du club en est un révélateur parfait. Le président délégué refuse de régler la facture bidon d'un agent de joueur ? Elle sera payée quand même « sans que le comptable puisse expliquer pourquoi ». Le contrat de transfert de Diawara est signé dans un échange de fax entre RLD et Courbis, sans que ni l'un ni l'autre ne reconnaissent leur signature.Le directeur financier de l'OM apprendra le transfert par le barman du Sofitel.

Frédéric Legrand