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Marseille

Courbis, la planète foot et la procédure

Episode phare dans le procès des transferts suspects de l'OM. Les plaidoiries de la défense de Rolland Courbis ont eu lieu hier.

Episode phare dans le procès des transferts suspects de l'OM. Les plaidoiries de la défense de Rolland Courbis ont eu lieu hier. L' ex-entraîneur du club encourt la plus lourde peine : deux ans de prison ferme. « Dans peu de temps, l'OM sera dirigé par un fonds de pension chinois gérant les intérêts de retraités américains, imagine l'avocat Carlos Bejarano. Il faut avoir confiance en l'avenir, le tribunal correctionnel ne doit pas être le garde-fou » du football. Comme pour inviter le tribunal à ne pas rendre un jugement empreint de moralité, les avocats ont brossé le tableau d'une « planète foot », caractérisée par une « déconnexion totale » avec la réalité... mais « dont aucun des prévenus n'est responsable ». Surtout pas l'ex-entraîneur de l'OM. « On a beau avoir un dossier construit autour de Rolland Courbis, la fraude peut exister sans lui », explique son conseil, Alain Molla. Le décor posé, la défense s'est attachée à critiquer la procédure. « Vous n'êtes pas impartial, Monsieur le procureur », accuse Alain Molla. « Le choix de l'autorité judiciaire a été de ne pas tout savoir », poursuit l'avocat qui regrette que les joueurs n'aient pas été entendus pendant l'instruction. « Absence de caractérisation d'abus de biens sociaux », pour Alain Molla, « constitution irrecevable de l'OM en tant que partie civile », selon Carlos Bejanaro, la charge contre la procédure se fait alors plus forte. « C'est le droit espagnol qui s'applique pour le transfert de Dugarry, le droit anglais pour Ravanelli », affirme Carlos Bejanaro. Et pour Bakayoko, dont le transfert a fait l'objet de juteuses rétributions à divers intermédiaires ? « C'est pas Courbis qui organise ce circuit de distribution, c'est Bakayoko, lui-même », tranche José Allegrini, ultime défenseur de Rolland Courbis. Le jugement a été mis en délibéré au 9 juin. L. B.