Procès OM : Sursis requis contre RLD, ferme contre Courbis

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« Il y a un très gros paquet de fric sur la table et on se gave. Les sommes en jeu amènent à écarter les lois et les règlements. » Hier, pendant une journée entière, le procureur Marc Cimamonti a disséqué les transferts suspects de l'OM entre 1997 et 1999. Au début du procès, le parquet avait reconnu qu'il tiendrait compte du « rôle social » de l'OM à Marseille. A l'arrivée, Marc Cimamonti a requis 3 à 4 ans de prison avec sursis contre l'actionnaire principal de l'OM Robert Louis-Dreyfus. Des réquisitions « terriblement sévères », selon les avocats de RLD. Avant d'analyser un par un les quatorze transferts incriminés, Marc Cimamonti rappelle que le délit d'abus de biens sociaux « ne veut pas forcément dire l'enrichissement personnel ou la perte d'argent pour l'entreprise. Il suffit de lui avoir fait courir un risque financier, pénal ou administratif suffisamment grave ». Pour le procureur, RLD n'a pas pu se contenter de « fixer une enveloppe globale » sur le montant des transferts. « C'est de la mauvaise foi, estime-t-il. Dès l'arrivée de Laurent Blanc en 1997, Roussier [président délégué de l'OM à l'époque] informe Louis-Dreyfus par fax des exigences de Blanc et son agent sur la rétrocession d'une partie de l'argent du transfert. » Quant à Courbis, Marc Cimamonti estime que l'entraîneur a bien touché des commissions sur les transferts de Ravanelli et Dugarry. « A la confluence entre joueurs, clubs vendeurs et clubs acheteurs, l'entraîneur a été tenté par un rôle d'agent occulte », tranche le procureur qui a requis deux ans ferme contre l'ex-entraîneur Rolland Courbis. F. L.

Hier en fin d'après-midi, le procureur avait également requis de la prison ferme contre plusieurs agents de joueurs : deux ans contre Gilbert Sau, un an contre Licio d'Onofrio et Jean-François Larios, absent à l'audience.