CPE : une coordination apolitique et résolue

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Tranquillement posté devant l'amphi de la faculté des Lettres d'Aix où se réunissent les représentants de 86 universités et écoles, Grégoire observe, en qualité d'organisateur, la sixième coordination nationale étudiante organisée depuis le début du mouvement anti-CPE. Il a connu ses premiers amphis en 1995, année de très forte mobilisation étudiante, a travaillé dans le privé, puis a réintégré la fac il y a deux ans. « Aujourd'hui, les étudiants se revendiquent de plus en plus apolitiques. A Aix, l'association qui arrive en tête des élections à chaque fois se présente comme telle », témoigne avec regret ce sympathisant d'extrême-gauche. Faut-il voir uniquement dans cette coordination un week-end sous le soleil d'Aix, sans politique, avec jonglage dans l'herbe, barbecue et farniente ? Difficile à croire, à la lecture des revendications du mouvement à l'issue de deux jours de débats : démission du gouvernement, retrait du CPE, de la loi sur l'égalité des chances... « On ne veut pas exclure les syndicats étudiants, mais on veut qu'ils subordonnent leurs actions aux décisions majoritaires du mouvement, la coordination est souveraine », affirme un étudiant en philo, délégué de la fac de Nanterre. Méfiance vis-à-vis des organisations syndicales mais aussi face à la presse. Cette dernière n'était pas invitée aux débats, juste à un rapide point presse dimanche : une journaliste tente une question sur les « casseurs ». Commentaire immédiat dans le public : « Et voilà, que des questions sur la violence, c'est à gerber. » L. B.

Réunie à Aix comme la coordination étudiante, une centaine de représentants des lycées de France ont appelé à « une poursuite du mouvement contre la précarité, aux côtés des étudiants et salariés ».