A vos portefeuilles!

©2006 20 minutes

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A vos portefeuilles ! En 2006, toutes les collectivités locales de Marseille augmentent les impôts : conseil régional (+ 20 %), conseil général (+ 8 %), communauté urbaine (+ 20 %), ville de Marseille (+ 2,85 %). Ce quarté est pourtant trompeur : la même augmentation a un impact totalement différent d'une collectivité à l'autre, selon la part des impôts attribuée à chacune et le type de taxe qu'elles augmentent. En effet, les collectivités locales se partagent le produit des taxes d'habitation (TH), professionnelle (TP), sur le foncier bâti et le foncier non-bâti (TF). Selon la part qui revient à chaque collectivité, la hausse fait plus ou moins mal. Le conseil régional se retrouve ainsi avec la plus forte augmentation de TH et de TF alors que cela ne devrait représenter « que » 6 e de plus pour un foyer fiscal moyen à Marseille, selon le rapporteur (PS) du budget, Jean-Louis Joseph. En revanche, la région a frappé fort sur les cartes grises : +8 e par cheval fiscal.

La région et le département, dirigés par la gauche, justifient leur hausse d'impôts par le désengagement de l'Etat. Gérées par la droite, la ville et la CUM ne fustigent évidemment pas le gouvernement, mais reconnaissent « que la situation financière est tendue ». Notamment parce que l'Etat limite à l'inflation l'augmentation de ses dotations de fonctionnement et qu'il participe beaucoup moins qu'avant à de grands investissements, comme le tramway. Pour trouver de l'argent, la CUM a choisi d'augmenter au maximum la TP avant le plafonnement annoncé par le gouvernement : cela devrait lui rapporter 40 millions d'euros (sur un total de 271 millions). La ville, elle, a choisi d'augmenter uniformément TH et TF. « Le département a matraqué les propriétaires plutôt que les locataires, c'est politiquement malin, tacle Jean-Louis Tourret, adjoint (UMP) aux finances. Nous, on a préféré que tout le monde paie un peu. »

Frédéric Legrand