Procès de l'OM : Louis-Dreyfus malmené

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Faut-il jeter à la poubelle la thèse de « l'enveloppe globale » ? La défense de Robert Louis-Dreyfus a été sensiblement malmenée vendredi, au cinquième jour du procès des transferts de l'OM. La prolongation du contrat de l'ancien défenseur Cyril Domoraud a permis d'entrevoir une implication directe du propriétaire du club de football marseillais, au moins en deux occasions.

D'abord, lors d'un repas à Marseille en août 1998, d'après le témoignage de l'ancien président délégué de l'OM, Jean-Michel Roussier. Ce soir-là, Louis-Dreyfus aurait mené directement avec l'agent de Domoraud, Jean-François Larios, les négociations sur une forte augmentation de salaire et une prolongation d'un an du joueur. A la barre, RLD n'a pas nié ni confirmé les faits, se contentant d'affirmer que le seul soir où il se trouvait à Marseille en août était celui du 22, lorsque l'OM, dans des conditions épiques, avait battu Montpellier (5-4, après avoir été mené 4-0).

La commission d'agent de un million de francs sur ce nouveau contrat ne sera pas versée à Larios mais à une société monégasque, World Football, sur demande de Larios lui-même. Si World Football n'avait aucun mandat de l'OM dans cette opération, c'est bien avec l'un de ses représentants, Edmond Adam, que Roussier rédige le nouveau contrat.

Deuxième moment critique pour RLD, l'été 1999. A la barre, le procureur Marc Cimamonti fait avouer à Adam avoir été en contact direct avec Louis-Dreyfus pour négocier une augmentation de sa commission lors du transfert définitif de Domoraud à Milan à l'été 1999, ce que l'actionnaire avait refusé.

Le parquet tente de démontrer la responsabilité directe de RLD dans la gestion des transferts. Le procureur ne retient pas a priori la notion d'enrichissement personnel, il cherche à souligner le risque encouru par le club suite aux décisions de son principal actionnaire. La défense de Roussier l'a bien compris et a produit le compte rendu d'un conseil de surveillance de 1998 auquel Louis-Dreyfus participait, validant le paiement de la commission à World Football, alors que le déficit de l'OM était bien supérieur aux prévisions.