les salariés luttent pour leur fabrique

AMANDINE RANCOULE

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Les salariés de l'usine se sont rendus hier devant la préfecture pour sauver les 190 emplois.
Les salariés de l'usine se sont rendus hier devant la préfecture pour sauver les 190 emplois. — V. BEAUME / 20 MINUTES

La décision est attendue mercredi prochain. Le tribunal de commerce de Marseille a émis hier matin un avis défavorable à la poursuite de l'activité de Net Cacao, à Saint-Menet (11e), laissant penser à une liquidation judiciaire prochaine. Ulcérés, une centaine de salariés de la fabrique de chocolat ont bloqué hier midi, pendant deux heures, les voies menant à la préfecture pour demander à l'État de prendre position sur ce dossier. Une délégation de salariés de l'usine devrait être reçue ce matin en préfecture. Une entrevue avec Roland Blum (UMP), premier adjoint au maire, est aussi prévue. « Les carnets de commandes sont pleins, les salariés de l'usine sont performants, les clients sont toujours là, on ne comprend pas », explique Jean-François Molina, un salarié. Placée en redressement judiciare depuis février, la chocolaterie est pratiquement à l'arrêt faute de financement pour acheter ses matières premières. « Nous avons apporté des éléments concrets : un investisseur qui a maintenu son engagement et un contrat de fiducie d'une banque prête à nous donner deux millions d'euros », explique Véronique Thery, présidente de l'usine. Mardi prochain une audience doit statuer sur ce contrat.
Convoitise immobilière
« On nous reproche d'avoir eu des repreneurs trop tard, ajoute la directrice, mais je crois surtout que les appétits immobiliers sur cette zone (11e) sont énormes. On veut faire des surfaces commerciales sur l'emplacement de l'usine ». « On est sur un terrain qui attire, pense aussi Norbert Sanchez, délégué CGT. Si demain on meurt, vous allez voir à quelle vitesse les bulldozers vont débarquer. Il y a sept ans, Nestlé n'a pas fermé. Aujourd'hui, il y a moins de personnes à mettre dehors, le dossier est moins social ». En 2004, l'usine, propriété du groupe Nestlé, était vouée à la fermeture par la multinationale suisse. Après deux ans de lutte, les salariés avaient obtenu la reprise, gardant environ 190 des 400 salariés.