La mort d'Antoine attise le débat

Laurent Berneron

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Le tireur a été déféré hier au palais de justice.  Il devait être placé en détention.
Le tireur a été déféré hier au palais de justice. Il devait être placé en détention. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Le quinquagénaire, auteur d'un tir mortel sur un adolescent, lundi soir à Verduron (15e), a été déféré hier devant le parquet. Une information judiciaire devait être ouverte pour assassinat, l'hypothèse d'un meurtre avec préméditation ayant été retenue. Un mandat de dépôt doit être requis à son encontre.

« Drogue » et « voyous »
L'homme, un maçon de 55 ans au chômage, avait tiré depuis sa fenêtre à la 22 long rifle sur le jeune Antoine qui venait, avec un complice, de voler un ordinateur dans une société de sécurité, selon le procureur. Un arsenal d'armes a été découvert au domicile de l'interpellé, pour lequel il ne possédait pas d'autorisations. Il n'était pas connu des services de police. Le complice de la victime s'était rendu peu après le drame.
Hier, l'affaire judiciaire a pris un tournant politique. Interrogé sur les ondes de RTL, le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a estimé que « depuis des mois, les faits divers émaillent le quotidien de Marseille, la drogue fait des ravages, les voyous tiennent les quartiers. Il va falloir réagir », a-t-il expliqué. Le maire (UMP) de la ville, Jean-Claude Gaudin, l'avait interpellé au lendemain du drame, réitérant son souhait de voir « les besoins en matière de sécurité de la deuxième ville de France […] pris en compte par l'Etat ». Lundi, un autre fait divers s'était aussi soldé par un décès à la porte d'Aix (1er). Un automobiliste avait donné un coup de couteau en plein cœur à un passant, lors d'une rixe aux motifs bénins, selon le procureur. Claude Guéant, qui devrait faire le déplacement aujourd'hui à Marseille, a estimé que ce « n'est pas seulement des effectifs mais des méthodes de travail qu'il faut mettre en place », ainsi que « de la vidéosurveillance ». A gauche, l'élu communiste Jean-Marc Coppola a rappelé que « rien ne justifie que l'on fasse justice soi-même », dénonçant « la réduction importante, par le gouvernement, des moyens dédiés à la sécurité, à la justice et à l'éducation ». Mardi, des objets incendiaires ont été jetés sur la maison du tireur. Ce soir, une marche des proches et des habitants du quartier doit avoir lieu à la mémoire de l'adolescent. A la fin du mois, un conseil municipal dédié aux questions de sécurité est fixé.