diderot, entre deux réalités

Laurent berneron

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Hier, lors d'une table-ronde sur la violence, au lycée Diderot.
Hier, lors d'une table-ronde sur la violence, au lycée Diderot. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Parce qu'on y pénètre par un sas entouré de grilles, les élèves l'ont surnommé « Prison break ». Récemment, le lycée Diderot a dû faire face à une recrudescence de la violence dans le quartier qui l'abrite, celui du Merlan (13e). En mars, un élève qui sortait du bus en face du lycée s'était fait taillader le visage au couteau pour un « mauvais regard » porté sur un autre jeune. La « goutte d'eau qui a fait déborder le vase », dixit les professeurs, entraînant quelques jours plus tard une marche « contre la violence ». Deux cents personnes y avaient participé. Hier, élèves, professeurs, policiers et élus, réunis pour une table-ronde, ont tenté de cerner le problème et d'y apporter des réponses. « Pas assez de plaintes déposées après les agressions », lance le directeur du commissariat de quartier. « De toute façon, ils ne veulent pas les prendre… », chuchote une prof. « Il faut que l'adulte réagisse pour mettre des barrières », renchérit le commissaire. « Discours hypermoralisateur… », commente-t-on dans l'assistance.

Chômage, cris e et cinéma
Hier, le chemin était encore long entre les acteurs de la ville et une communauté éducative, confrontée, non-armée, à des difficultés qui sont d'abord la conséquence « du chômage et de la crise », estime un parent d'élève. Diderot, pour le néophyte, c'est l'imagerie classique des quartiers nord : une délinquance exacerbée, un lycée ZEP en difficulté. On aurait presque oublié que ses élèves viennent de crever l'écran dans un tout autre registre. Ils sont les acteurs de « Nous, princesses de Clèves », un documentaire de Régis Sauder encensé par la critique cinéma. « Et comme les jeunes reprennent souvent l'image qu'on leur donne », conclut un prof…