"Nous voulons la mixité sociale"

©2006 20 minutes

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Où en est l'avancée des travaux sur la rue de la République ?

Nous tenons les délais, avec une fin des travaux en 2009. Fin mars, nous présenterons un premier immeuble fini avec quatre appartements rénovés. Nous avons déjà eu plus de 300 appels spontanés de gens intéressés par ces logements alors que nous n'avons fait aucune communication.

Quels types de logements proposerez-vous ?

Certains de nos immeubles seront en location, d'autres en accession à la propriété, à partir de 3 200 euros le m2. Au total, il y aura 3 500 nouveaux habitants dans le quartier. Nous voulons la mixité sociale. Avant, il n'y en avait pas rue de la République, puisqu'il n'y avait que des habitants pauvres.

La construction de 400 logements sociaux, prévue par Marseille République, semble avoir pris du retard...

Nous allons vendre 30 % de notre patrimoine aux bailleurs sociaux. Ce n'est pas encore finalisé, nos interlocuteurs n'ont pas la même notion du temps. Nous avons déjà rénové nous-même 52 HLM près de la place Carnot, que nous revendrons aux bailleurs sociaux.

Comment se passe le relogement des habitants ?

Seuls 15 % des habitants souhaitent changer de quartier. Nous allons reloger les autres sur place, soit dans les HLM, soit dans nos propres immeubles si leurs revenus dépassent les plafonds HLM. Nous n'avons pas encore de solution pour 95 locataires, dont une quarantaine pour qui le bail est arrivé à échéance. C'est une question de calendrier. On ne va pas les reloger alors que les travaux de leurs immeubles n'ont pas débuté. Nous aurons trouvé une solution avant l'automne 2007. Tant qu'il n'y a pas de solution, les locataires resteront chez eux.

La rénovation de la rue a créé une polémique avec associations de riverains et élus. Quelle est la situation aujourd'hui ?

Il y a à présent un consensus des élus sur ce dossier. Au début, nous avions hérité d'un capital méfiance énorme : les propriétaires précédents n'avaient rien fait. Nous avons 40 employés, nous générons 800 emplois directs et 375 millions d'investissements. Si nous cherchions un simple coup financier, on aurait une secrétaire à mi-temps.

Les riverains ont attaqué en justice Marseille République et gagné à plusieurs reprises...

Nous avons fait appel. Quand le tribunal nous oblige à reloger les locataires d'un hôtel meublé, nous ne connaissons que l'hôtelier, qui voulait empocher la prime sans reloger ses locataires. Quand une commerçante crie au scandale parce qu'on veut l'expulser, elle ne dit pas qu'elle ne paie plus son loyer depuis trois ans. Nous avons 750 000 euros de loyer impayés, alors que le loyer moyen sur la rue tourne autour de 4 euros le m2.

Recueilli par Frédéric Legrand