La CAF s'attaque à la fraude

guillaume faivre

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Selon la CGT, la fraude reste un phénomène marginal.
Selon la CGT, la fraude reste un phénomène marginal. — BORDAS/SIPA

Roselyne Bachelot, ministre des Solidarités, a lancé la semaine dernière une action de contrôle renforcé de la fraude aux prestations dans les caisses d'allocations familiales (CAF) de treize départements, dont les Bouches-du-Rhône.

Relevés bancaires et EDF
Durant quatre mois, 142 agents au plan national vont enquêter sur les cinq pratiques les plus répandues selon le ministère : travail dissimulé, déclaration de logement ou de garde d'enfants fictifs, étudiants en stage à l'étranger qui perçoivent toujours l'allocation et fausse déclaration en tant que parents isolés. Pour détecter les fraudes, les enquêteurs pourront se renseigner auprès des banques, d'EDF et des opérateurs téléphoniques ou se déplacer directement à domicile sans prévenir. En 2010, la CAF Bouches-du-Rhône (380 000 allocataires) a instruit 1 180 dossiers litigieux, dont 256 ont fait l'objet de sanctions. Ces contrôles ont permis l'an dernier de récupérer « 3,5 millions d'euros » de trop-perçu, indique la CAF. Mais cette fraude reste marginale, selon la CGT CAF 13. « Sur tous les dossiers jugés litigieux ayant fait l'objet d'un contrôle au cours des derniers 18 mois, moins de 10 % auraient été des fraudes avérées », avance Lionel Zaouti, secrétaire général du syndicat. « Le gouvernement surfe sur le fantasme de la fraude et depuis la mise en place du RSA, on assiste à une véritable chasse aux bénéficiaires de ces aides », estime-t-il. Selon lui, plus de 40 % des allocataires ne bénéficieraient que de ces minimas sociaux pour vivre. La CGT CAF 13 dénonce un « flicage » des plus défavorisés et déplore que les seules embauches réalisées ces dernières années concernent uniquement des postes de contrôleurs. Au plan national, le ministère espère récupérer 100 millions d'euros par an.