Un refuge pour les jeunes gays

Laurent berneron

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L'association cherche à se développer pour faire face aux demandes.
L'association cherche à se développer pour faire face aux demandes. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

C'est un maigre T2, niché dans une courette du quartier de la Plaine. Un endroit où viennent se reconstruire les 18-25 ans qui ont été rejetés parce qu'ils affirmaient leur homosexualité. Julien, 23 ans, vit au « refuge » depuis décembre. « Ma mère connaissait mon homosexualité. Ca a pété quand j'ai ramené mon copain : elle m'a bloqué les comptes, confisqué le portable ». Mis dehors de chez lui, il est hébergé grâce à la mission locale « trois jours dans un hôtel pourri », avant de découvrir le refuge. Aujourd'hui, il a trouvé un travail et envisage de s'installer seul.

Les demandes explosent
Pour beaucoup qui passent la porte du refuge, issus «de toutes les catégories sociales, l'entourage familial mène une vie insupportable à son enfant, explique Gregory Milly, le créateur de la structure. Une vie faite de séquestration et de refrain sur le mode tu es malade, il faut te soigner». En 2009, Gregory Milly créé l'antenne marseillaise de l'association Le Refuge, sur le modèle de celle de Montpellier. Avec un maigre concours des collectivités (moins de 10 000 € par an), il s'est battu pour ouvrir le petit T2. Seules deux personnes y sont hébergées alors que les demandes explosent. «Pour ceux qui sont discriminés en raison de leur l'origine ethnique ou religieuse, tout cela s'arrête quand ils rentrent chez leurs parents. Pour les jeunes homos, ce n'est pas le cas », explique Grégory. Résultat, « certains se scarifient, d'autres se droguent, d'autres pratiquent la prostitution pour avoir un toit », témoigne-t-il. L'association apporte un hébergement, un soutien psychologuique, ou aide à trouver du travail. Elle a désormais besoin de se développer. «Il nous faut louer un local pour recevoir des dons de la banque alimentaire», envisage Gregory Milly.