Guérini, Le président sortant n'est pas sorti

Laurent Berneron

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Jean-Noël Guérini a obtenu des voix de la droite.
Jean-Noël Guérini a obtenu des voix de la droite. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Des dizaines de journalistes, des militants et des figures du parti socialiste et… un prêtre. L'hémicycle du conseil général était plein à craquer hier comme pour un bon spectacle, mais le coup de théâtre n'a pas eu lieu. Jean-Noël Guérini a été réélu sans difficulté président du conseil général des Bouches-du-Rhône.

Des voix de la droite
Dix heures, la séance commence, présidée par le doyen d'âge André Malrait. Le groupe PS annonce la candidature du président sortant : Jean-Noël Guérini scrute anxieusement les bancs des conseillers généraux. Le PCF (6 élus) ne présentera pas de candidat. En face, Martine Vassal, conseillère générale UMP de Saint-Giniez, accepte de porter la droite au grill. 10 h 42, Jean-Noël Guérini, au terme d'un seul tour de scrutin, rafle une écrasante majorité. Quarante voix pour lui contre 17 pour Martine Vassal. Soit trois de plus que la majorité de gauche, trois voix venues de la droite. Dans les balcons de l'hémicycle, les partisans de Jean-Noël Guérini exultent. Charles-Emile Loo, figure du socialisme defferiste, qui a fait le déplacement malgré 90 printemps, applaudit lui aussi. Même le curé de la paroisse des Accoules au Panier, le père Ottonello, confesseur attitré des frères Guérini, salue le spectacle. Les élus socialistes, mal à l'aise ces derniers jours sur la candidature de Jean-Noël Guérini, l'ont absous eux aussi. Aucun d'entre eux n'a voté blanc ou nul, aucun d'entre eux n'a fait défaut. Dans les couloirs, la plus virulente d'entre eux, Marie-Arlette Carlotti concédait : « Martine Aubry nous a demandé de le soutenir, je vais aller au-dessus de la première secrétaire du parti ? ». « Il n'y a pas d'affaire Jean-Noël Guérini, a insisté le premier concerné dans son discours d'investiture. Il n'existe pas encore de délit de fraternité. » Dans la foulée, Jean-Noël Guérini a annoncé sa « démission immédiate » du poste de président de la fédération PS13, et réfuté l'idée d'une démission de son poste au conseil général en cas de mise en examen. Dans un communiqué, le député UMP Renaud Muselier a dénoncé « l'absolutisme qui règne au sein de l'exécutif départemental ».