le secteur de la santé est en mal de soins

amandine rancoule

— 

Les syndicats dénoncent les restrictions budgétaires dans le domaine de la santé.
Les syndicats dénoncent les restrictions budgétaires dans le domaine de la santé. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Comité d'accueil. Environ 500 personnes ont manifesté hier matin de la Canebière au Palais du Pharo où se tenait un colloque sur l'agence régionale de santé (ARS). Xavier Bertrand (UMP), ministre du travail, Roselyne Bachelot (UMP), ministre des solidarités et Nora Berra (UMP), secrétaire d'état chargée de la santé y ont assisté. « Les ARS sont nées d'un constat unanimement partagé : notre système de santé présente une fragilité, précise Roselyne Bachelot. Cette réforme était attendue par les citoyens et c'est une réussite ». Mais les personnels de santé, eux, ne l'entendent pas de cette oreille.

Réductions budgétaires
« L'ARS fait du management et de l'économie mais des domaines ne peuvent pas s'y appliquer », déplore Jonathan Huez, éducateur dans le secteur pédopsychiatrie et syndicaliste CGT. Selon lui, l'hôpital de jour de Salon-de-Provence, dépendant de l'hôpital psychiatrique de Montperrin à Aix est menacé de fermeture. Dans la région, une vingtaine d'enfants attendent des soins intensifs en pédopsychiatrie. « C'est la seule structure de ce genre dans la région pour les enfants ayant des troubles relationnels, atteint d'autisme… Elle est le seul lieu de sociabilisation pour ces enfants », explique-t-il. Dans la même trame, des menaces de fermetures planent sur les onze centres de santé mutualistes du département, dont trois sont implantés à Marseille. Ces centres, qui embauchent 1 200 personnes dont 450 praticiens, prennent en charge plus de 200 000 personnes, soit 10 % de l'offre de soins en médecine de ville sur un modèle « social » basée sur la prévention, sans dépassement d'honoraires et dispensant des soins aux personnes bénéficiant de la CMU. « On veut continuer à soigner tout le monde, y compris les plus riches, note Dominique Eddi, secrétaire du syndicat des médecins des centres de santé mutualistes du département. Mais on veut aussi que les personnes les plus pauvres continuent à avoir accès aux soins médicaux ».