huit taxis en garde à vue, un « cas isolé »

Laurent berneron

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La ville a reçu des plaintes qu'elle a transmises au procureur.
La ville a reçu des plaintes qu'elle a transmises au procureur. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Quatre des huit chauffeurs de taxis de la gare Saint-Charles, interpellés lundi et placés en garde à vue, ont été présentés au juge hier soir, en vue d'une mise en examen. Quatre autres chauffeurs ont été remis en liberté ce matin, et seront mis en examen « dans la semaine », de source policière.

Faux bons et factures
Dans le cadre de l'enquête de la sûreté départementale, sous commission rogatoire du juge Franck Landou, ils sont poursuivis pour « travail dissimulé, escroquerie, faux et usage de faux ». Les taxis auraient notamment trafiqué leurs compteurs pour surfacturer leurs courses et utilisés de faux bons de la ville de Marseille pour se faire rétribuer des prestations fictives auprès de la collectivité. Le parquet de Marseille avait ouvert une information judiciaire en octobre dernier. « Nous avions reçu des plaintes que nous avons transmises, au procureur dès 2009 », a réagi André Camera, adjoint en charge du dossier à la ville. Il s'agit selon lui d'un « cas isolé », « les plaintes ne portant que sur les taxis de la gare Saint-Charles ». « S'ils sont coupables, je ne les défendrai pas », a estimé pour sa part Charles Gilardenghi, président de l'intersyndicale des taxis. « C'est une petite catégorie qui fait porter le chapeau à toute la profession, mais cela ne m'étonne pas », a-t-il ajouté. La ville, qui délivre les licences aux taxis marseillais, se dit dans l'impossibilité de régler la situation à la gare Saint-Charles, avançant que la halte taxis dépend de la préfecture. Elle a pourtant pris le soin de recruter Charles Gilardenghi en tant que chargé de mission au cabinet du maire, pour faciliter ses relations avec la profession. « Des artisans taxis viennent me voir pour une place en HLM, en crèche ou au lycée, j'essaie de leur obtenir », expliquait Charles Gilardenghi pour décrire son rôle à la mairie. Selon la ville, des sanctions et des mises à pied ont déjà été prises par la commission de discipline pour sanctionner les pratiques déviantes dans d'autres affaires.