dialogue renoué à la SNCM et sortie de crise en vue

Laurent berneron

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Après sept semaines d'une grève historique, la situation semble se débloquer à la SNCM.

Sortie de crise
Après le conseil de surveillance de la SNCM à Paris mardi, auquel les représentants des salariés grévistes ont été conviés, des discussions avec les syndicats sur « une sortie de crise » se sont déroulées jusqu'à hier à Marseille, a confirmé la direction de la compagnie maritime. Une assemblée générale des marins a eu lieu hier, en fin d'après-midi, sur le Monte d'Oro, QG des marins grévistes. Mais aucun vote sur la levée ou la poursuite du mouvement n'a été organisé lors de l'assemblée générale. Les marins de la CGT et du SAMM attendraient des garanties écrites d'engagement pris par la direction lors des discussions. « Une partie du chemin a été faite », concédait hier soir Patrick Panzani, représentant du SAMM. « On ne s'attendait pas à la signature d'un protocole de sortie de crise hier soir », indiquait une source proche de la direction de la SNCM, même « s'il y a eu des avancées ». La signature du protocole d'accord ne devrait pas intervenir aujourd'hui non plus, en raison d'un mouvement national. La fédération des syndicats maritimes CGT ayant appelé à une grève de vingt-quatre heures pour demander la mise en œuvre du « pavillon français, premier registre » pour tous les armateurs effectuant des liaisons intérieures à l'hexagone.
Néanmoins, « il faut absolument aboutir à une issue » rapidement, a rappelé la direction de la SNCM, évoquant le coût de la grève. Marc Dufour, directeur de la compagnie, estimait il y a quelques jours à « huit millions d'euros » la perte d'exploitation subie depuis le début du mouvement. Chiffre auquel il convient d'ajouter selon lui « l'impact commercial », soit un total de « 14 millions euros ». Le mouvement des marins a commencé le 31 janvier dernier, après que la SNCM a décidé de revoir à la baisse ses rotations entre le continent et la Corse, au départ de Nice.

Réparation

Les salariés du chantier naval de Marseille (CNM) ont déploré hier que le Girolata, l'un des navires de la Méridionale, soit envoyé prochainement pour réparation à Istanbul. «C'est un non-sens», estimait Patrick Castello, de la CGT. Le chantier naval de Marseille a été réactivé l'été dernier par l'italien San Giorgio Del Porto, après près de deux ans d'arrêt. Il a traité depuis huit paquebots, mais aucun navire de la CMN ou de la SNCM.