Le littoral se bétonne, mais au ralenti

© 20 minutes

— 

Vingt ans après le vote de la loi littoral, les Bouches-du-Rhône ont réussi à limiter les dégâts en matière d’urbanisation des côtes. Dans la foulée de cette loi, l’Etat a recensé plus de 120 « zones d’intérêt écologique » maritimes ou marécageuses (dont les calanques et le parc régional de Camargue) dans le département. Leur protection doit être prise en compte dans les plans d’urbanisme votés par les communes. S’y ajoutent les zones de préemption, où le Conservatoire du littoral, créé en 1975, a priorité pour racheter des terrains, qui deviennent ensuite inconstructibles. De 1990 à 2003, les surfaces construites sur les communes littorales du département n’ont augmenté que de 25 %, contre 70 à 145 % en Bretagne ou en Normandie, selon l’Observatoire du littoral. Sur la même période, le Var et les Alpes-Maritimes affichent même des taux négatifs : - 45 % de surfaces construites. Mais les littoraux de ces deux départements étaient beaucoup plus urbanisés au départ, avec chacun plus de 550 000 m2 construits en 1990, contre 112 000 dans les Bouches-du-Rhône. Plusieurs élus locaux dénoncent cependant une application « dogmatique » de la loi littoral par la préfecture. « Il faut arrêter de coller de la loi littoral partout, estimait Jean-Pierre Teisseire, maire (UMP) de Cassis, lors du dernier conseil de la communauté urbaine de Marseille. Il faut ouvrir à l’urbanisation certains territoires à la demande des élus, qui sont seuls à pouvoir apprécier la situation. » Selon France Gamerre, adjointe (GE) au maire de Marseille pour les affaires maritimes, la loi littoral devrait au contraire « être élargie à l’Union européenne. Il est bon que ce soit l’Etat qui s’occupe de la protection des côtes. Les élus ne peuvent pas résister à toutes les pressions. » F. Legrand

conservatoire En Paca, le Conservatoire du littoral a déjà acheté 15 000 hectares de terrain, soit 11 % du linéaire côtier, dont 3 300 hectares sur la Côte Bleue.