Parcours d’obstacles pour l’incinérateur

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Fin d’année fructueuse pour le projet d’incinérateur de la communauté urbaine de Marseille (CUM). Après la clôture de l’enquête publique, le comité départemental d’hygiène a donné un avis favorable à son implantation à Fos. Le préfet a trois mois pour signer l’autorisation d’exploitation. EveRe, filiale de Valorga qui a remporté la délégation de service public, estime que « les travaux pourraient commencer au printemps 2006 » pour une mise en service en 2008. Un calendrier maintenu malgré plusieurs recours en justice engagés par les écologistes et le syndicat d’agglomération Ouest-Provence. Celui-ci a en outre voté, le 16 décembre, l’interdiction d’implanter toute industrie polluante sur son territoire. Mais l’atout majeur des anti-incinérateur est le plan départemental d’élimination des déchets. Prônant le tri et la méthanisation, il devrait être bientôt voté par le conseil général. « La jurisprudence française impose une obligation de compatibilité des installations avec les plans, même s’ils ne sont qu’à l’état de projet avancé, ce qui est le cas dans les Bouches-du-Rhône, note Jean Gonella, de l’association écologiste Fare Sud. Le plan ne prévoit aucune installation d’incinération, ce qui, selon moi, est un argument suffisant pour définir une incompatibilité. » Pour le préfet, en revanche, les deux projets sont nécessaires pour régler la question des déchets. Et il y a urgence : la décharge d’Entressen, qui reçoit les 630 000 tonnes d’ordures de la CUM, doit fermer fin 2006. S. Harounyan

décharges Entre la fermeture de la décharge d’Entressen (fin 2006) et la mise en route de l’incinérateur (2008), la communauté urbaine envisage de stocker ses déchets dans les autres décharges du département.