Bus et métro ne roulent pas sur l'or

frédéric legrand

— 

Pas glorieux pour la deuxième ville de France, mais efficace quand même, au vu des maigres finances de la ville. Dans son baromètre des transports en commun, dévoilé la semaine dernière, le Centre d'études sur les réseaux, transports, urbanisme et constructions publiques (Certu) dresse un bilan assez cru de la situation de Marseille.

Dix ans de retard
En terme de transports en commun « en site propre » (TCSP), la deuxième ville de France ne tient pas son rang : elle arrive 9e parmi 17 grandes villes, distancée entre autres par Lyon, Grenoble, Montpellier, Bordeaux et Strasbourg. Créée tardivement dans les années 2000, la communauté urbaine doit rattraper un long retard de TCSP. « Après les deux lignes de métro [ouvertes et prolongées de 1977 à 1992], rien n'a été fait pendant 15 ans, souligne Patricia Varnaison, du Certu. On ne récupère pas comme ça 10 ans de non-politique. »
Le Certu souligne aussi cependant les « difficultés financières » de l'agglo. Principale ressource pour financer les transports en commun, le versement payé par les entreprises est un des plus faibles des 17 villes comparées par le Certu. Et, tout comme l'investissement, l'exploitation du réseau coûte cher à Marseille, surtout les bus : « De par la géographie et l'urbanisme, les lignes sont très longues, donc plus vulnérables aux perturbations », souligne Laurence Hemerit, directrice des transports à la communauté urbaine. Maintenir les fréquences en heure de pointe suppose plus de véhicules et de chauffeurs. « Si l'on réussit à augmenter la vitesse moyenne des bus [12 km/h actuellement], notamment en luttant contre le stationnement en double file, on peut économiser 5 millions d'euros par km/h gagné », pointe Laurence Hemerit. D'autant que le potentiel est là : Marseille arrive au premier rang en nombre de voyages par km dans son métro (30 voyages) et deuxième pour ses bus (3,5 voyages). Malgré ses faiblesses, le réseau RTM reste très utilisé.