les facteurs n'ont pas plié

Amandine rancoule

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Au centre de distribution du courrier du 2e arrondissement, une banderole annonce la couleur : « Victoire pour le service public et l'emploi ». Hier matin, les facteurs ont mis fin à une grève de 139 jours. Le mouvement avait commencé le 7 octobre dernier pour protester contre le remplacement d'un facteur titulaire absent par un intérimaire.

« Notre détermination a payé »
« Nous avons fait échouer la direction dans sa volonté d'imposer l'intérim, explique Alain Croce, délégué CGT. Au 31 mars, il n'y aura plus d'intérimaire dans le service et nous avons obtenu quatre postes supplémentaires ». Les 55 salariés du centre de tri ont obtenu le même niveau d'emploi cette année par rapport à 2010. « Tout nouveau départ sera immédiatement comblé, cela va nous permettre de bénéficier d'un volet de remplacement », précise la CGT. « Notre détermination a payé, estime Véronique. On a perdu plus de quatre mois de salaire mais je ne regrette pas ». Selon le syndicat, les grévistes ont touché environ 2 000 € par personne grâce à la solidarité financière organisée pendant le conflit. Sur les 139 jours de grève, 24 jours n'ont pas été retenus. « Cela correspond aux dimanches et aux jours fériés pendant lesquels les facteurs ne travaillent pas », explique Philippe Morelli, porte-parole de la direction qui déplore la longueur du conflit. « Tout aurait pu aller plus vite avec du dialogue social, note la direction. Les négociations ont réellement commencé le 14 janvier. Avant, il y a eu aussi le conflit sur les retraites, estime-t-elle. Nous nous sommes donc retrouvés seuls à la table des négociations pendant plus de deux mois alors que des audiences étaient tenues quotidiennement ». Ce bras de fer pourrait en tout cas servir d'exemple à d'autres conflits du même genre dans la région.

distribution

Le courrier devrait être distribué normalement dès ce matin. Pendant les quatre mois du conflit, le courrier était distribué deux à trois fois par semaine aux particuliers. Selon la direction, il n'y aurait aucun stock de lettres ou de colis.