Pour Valbelle, prière d’aller au fond du parc

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Un mystérieux pavillon blanc assailli par la végétation, aux allures gothiques, perdu dans un enclos au fond d’un parc public méconnu, près du David (8e). Inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments historiques, la chapelle de Valbelle, aujourd’hui abandonnée, a tout pour alimenter les légendes. Selon les historiens, elle est souvent prise à tort pour la « mosquée des galériens turcs », édifiée sous Louis XIV. Mais les pierres utilisées pour la chapelle viennent en fait du kiosque Bonaparte, construit en 1861 dans le jardin de la Colline, situé alors sur le cours Pierre-Puget (6e). Récupérées pour intégrer la Villa des Allobroges, rue Paradis – abandonnée par la suite, la maison était réputée hantée –, ces mêmes pierres sont rachetées vers 1927 par un certain Rouvière. Il les utilise pour construire la chapelle privée. « Rouvière l’a fait bâtir dans son jardin pour sa femme, après la mort de leurs deux enfants, noyés dans la rade de Bandol », raconte Philippe Guez. Agé de 84 ans, cet habitant du quartier fut enfant de choeur lors des messes célébrées dans la chapelle « où venaient les grandes familles voisines et amies ». En 1981 la ville, qui a acquis le terrain, détruit la villa Valbelle, mais conserve la chapelle. Aujourd’hui, l’Association de défense de Valbelle et le CIQ de Saint-Giniez demandent la restauration de la chapelle, ouverte aux quatre vents. La mairie prévoit même des « éclairages de nuit et des plantations ». Alexandra Apikian Parc Valbelle, 584 avenue du Prado, 8e.

statue En 2006, pour l’Ascension, une procession avec une statue de Notre-Dame-de-l’Huveaune reliera l’église de Saint-Giniez au parc Valbelle. Le père Mottin, de Saint-Giniez, veut installer une copie de la statue dans la chapelle.