Le tribunal au pain sec et à l'eau

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Le tribunal de grande instance de Marseille a du mal à finir le mois. « Aujourd'hui, nous savons que nous n'avons pas payé l'ensemble de nos factures d'eau et d'électricité pour 2010 », indique François Pion, le président du TGI. La juridiction voit son budget de fonctionnement baisser depuis quelques années : de presque 613 000 euros en 2008 à 485 795 euros en 2009. Pour 2010, le budget de fonctionnement ne lui a pas été notifié, alors que l'année est échue. « C'est une situation critique, note le président du tribunal. On a vu des créanciers ou des experts refuser des affaires pour lesquelles on souhaitait faire appel à eux, parce qu'ils n'étaient pas réglés. » Le tribunal fonctionne avec 254 fonctionnaires quand il en faudrait « 270 ». « On attend encore des mesures de diminution », prévient François Pion, notamment chez les magistrats. Selon le procureur de Marseille, cette situation n'oblige pas « à faire des économies sur le dos des affaires pénales », mais rend la réponse juridique plus difficile, alors que le TGI traite plus de 32 000 dossiers par an.L.B.