Le rapport sur les inondations du Var dédouane l'État

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L'Etat charge les collectivités. Dans un rapport de près de 100 pages rendu public récemment, le ministère de l'Environnement et l'inspection générale de l'administration reviennent sur les inondations de juin dans la région de Draguignan en des termes forts. « La culture du risque est d'autant moins vivante que la spéculation foncière est plus vive », avancent les auteurs, estimant que la dangerosité des cours d'eau du département est sortie « de la mémoire collective ». Mis à l'index, les maires sont accusés « d'attacher une faible importance » aux alertes données par les services météorologiques et les préfectures. Autre critique formulée à l'adresse des élus, des manquements dans la gestion de l'urbanisme. Pour des autorisations de construction, les services de l'Etat, se sont vus présenter « des dossiers volontairement erronés », notent les auteurs, qui pointent l'insuffisance des moyens des services pour « le contrôle de légalité ». Le rapport salue la réactivité aussi bien des services de l'Etat que des maires pendant les événements. Il observe néanmoins deux points faibles. La localisation de la caserne des sapeurs-pompiers de Draguignan, située en zone inondable, et dont l'inondation a mis hors service « 10 % » des engins des sapeurs du Var. La « perte des liaisons téléphoniques fixe et mobile », liée aux intempéries, a également été un handicap. L.B.

bilan

Vingt-trois personnes sont décédées lors des inondations des 15 et 16 juin 2010. Selon le rapport, les moyens engagés ont permis de sauver 2 450 personnes, dont 1 100 sauvetages au sol et 1 350 sauvetages aériens. Trois cent personnes ayant évité, selon la même source, une mort certaine. Localement, le cumul maximum des précipitations a pu atteindre 400 mm.