la justice s'alarme de la violence chez les jeunes

Laurent Berneron

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J. Dallest, procureur de Marseille.
J. Dallest, procureur de Marseille. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

«Marseille est un gisement à ciel ouvert d'infractions pénales. » Le procureur de Marseille, Jacques Dallest dresse un bilan alarmant de la situation marseillaise en matière de crimes et délits, notamment concernant les jeunes.

Utilisation irrationnelle d'armes
En 2010, le parquet a recensé 84 homicides et tentatives d'homicides autour de Marseille. Un phénomène qui grossit fortement dans les « cités » de la ville, puisque plus de la moitié de ses règlements de comptes, 47 au total, ont eu lieu en leur sein. « Il existe une utilisation irrationnelle d'armement dans le cas de conflits mineurs, réglés auparavant avec moins de violence, note le procureur. Une forme de culture perverse de la violence armée se développe. » L'année 2010 a notamment été marquée en novembre par le règlement de comptes du Clos La Rose (13e), qui a provoqué la mort d'un adolescent de 16 ans et blessé un enfant de 11 ans. Il y a dix jours, une altercation à la sortie d'une boîte de nuit du Vieux-Port se soldait par la mort d'une adolescente de 16 ans, vraisemblablement poignardée par une jeune à peine majeure. « Mille mineurs ont été présentés au juge pour enfants en 2010, soit une augmentation de 50 % par rapport à il y a quatre ans », relate Jacques Dallest. Parmi eux, le procureur note « le nombre croissant de filles, l'augmentation des moins de 16 ans et l'aggravation des actes ». A titre d'exemple, le procureur cite le cas d'un mineur de 13 ans, impliqué dans plusieurs attaques de commerces.

habitat dégradé

En 2011, le procureur a indiqué que le parquet s'attachera à la lutte contre l'habitat indigne, avec une politique pénale « volontariste ». « A l'heure de la loi Dalo, il est bon que la justice s'inquiète des conditions de logement », a-t-il noté.