Le fondateur de «Wikileaks 13» suspendu de ses fonctions

SOCIETE Il voulait dénoncer les «marchés publics bidon»...

L.B. avec M.P.

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Capture d'écran du site wikiLeaks13, le 6 janvier 2010.
Capture d'écran du site wikiLeaks13, le 6 janvier 2010. — 20minutes.fr

Un fonctionnaire du conseil général des Bouches-du-Rhône a été suspendu de ses fonctions mercredi, après avoir lancé le 1er janvier le site wikileaks13 qui, un peu comme Julian Assange au niveau mondial, veut mettre au jour les turpitudes du monde politique de la région.

Sur le site, Philip Sion, ingénieur territorial spécialiste en informatique explique notamment: «Puisqu’on refuse de me laisser améliorer les choses de l’intérieur, je dois le faire de l’extérieur. Pour dénoncer ce qui est mal, ce qui est faux, ce qui est courbe et contraire à l’intérêt d’une ville magnifique et de ceux de tous ses habitants». Il  avait notamment publié les enregistrements sonores de commissions paritaires au conseil général, où sont décidés les avancements et recrutements.

Devoir de réserve

Dans un communiqué, la collectivité a estimé qu'il «n'a pas respecté son devoir de réserve» en publiant des informations «pouvant porter atteinte à l'institution». «Je ne pouvais pas créer un site demandant de la transparence et me cacher derrière un pseudonyme», indique le fonctionnaire, en difficulté avec son employeur depuis plusieurs années. Wikileaks 13 se propose de recueillir les témoignages d'internautes sur des faits de corruption ou de «marchés publics bidon», livrés à la presse pour vérification.

Sur le site de Wikileaks13 en tout cas, beaucoup d'internautes ont laissé des commentaires pour féliciter Philip Sion de son initiative. «Bravo pour ce courage et cet intérêt que vous avez pour votre ville et ses habitants», écrit un internaute mardi. Un autre, apprenant sa suspension, propose de lui verser 10 euros par mois et que 2.000 autres personnes en fasse de même pour qu'il puisse continuer.

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