le centre de rétention évacué

Laurent berneron

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Le centre de rétention administrati du Canet, dans le 14e arrondissement.
Le centre de rétention administrati du Canet, dans le 14e arrondissement. — P. MAGNIEN / 20 MINUTES

Le juge des libertés et de la détention a prononcé hier la libération de 35 hommes du centre de rétention administrative du Canet (14e), en raison de la prolifération de légionelle, bactérie responsable de la légionellose. Des tests ont montré que le traitement opéré le 3 décembre sur le circuit d'eau chaude de l'établissement n'avait pas été efficace.

« Conditions matérielles »
La bactérie avait été détectée le 22 novembre à l'occasion d'un contrôle de routine sur le circuit d'eau. Des taux jusqu'à cinquante fois supérieurs à la norme de légionelle admise dans l'eau avaient été observés. Des retenus avaient été libérés ou transférés et plusieurs zones du centre avaient été fermées, dont celles réservées aux femmes et aux enfants. Le juge des libertés et de la détention, qui s'est autosaisi hier pour statuer sur les 42 retenus présents au centre, a justifié sa décision par « l'absence des conditions matérielles prévues par le code de santé publique ».
Alors que le juge venait d'ordonner la libération du premier retenu pour cette raison, la police de l'air et des frontières (PAF) a organisé sur demande de la préfecture le transfert vers le centre de rétention de Nîmes de sept autres hommes qui devaient être audiencés quelques minutes plus tard par le juge. « Ils ont tous un avis d'audience, on ne respecte pas le juge », s'est insurgée Vanina Vencinsini, l'une des avocates des retenus. Dans sa plaidorie, cette dernière a déploré « l'opacité qui a régné » et « la non-application du principe de précaution » alors que la légionelle a été découverte fin novembre. Le centre du Canet devrait rester fermé pendant dix à douze jours.