la rade sud et le frioul au cœur du débat

laurent berneron

— 

Le « coeur » de parc fixe des règles plus contraignantes.
Le « coeur » de parc fixe des règles plus contraignantes. — P. MAGNIEN/20 MINUTES

Match retour entre « pro-parc » et « anti-parc ». Plusieurs dizaines d'associations favorables au parc national des calanques manifesteront demain à 14 heures sur la Canebière. Avec d'autant plus d'entrain que la ministre de l'Ecologie vient de leur donner raison.

Arbitrage national
Il y a un mois, un collectif des « Amis de la rade et des calanques », opposés au parc, faisaient paraître dans la presse une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy. Ils y dénonçaient « la concertation erratique » organisée par le GIP des calanques, en charge de la préparation du futur parc. « La démagogie l'a trop souvent disputé à l'opacité, à l'autoritarisme et à l'arbitraire », lancaient-ils à l'encontre du député Guy Tessier (UMP) président du GIP. Ils espéraient un abitrage national en leur faveur, après avoir été reçus à l'Elysée par Christian Frémont, directeur de cabinet de Nicolas Sarkozy et ancien préfet de Paca, et la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, Chantal Jouanno, remplacée depuis le remaniement par Nathalie Koscuisko-Morizet.
Mais le scénario s'est renversé. Car c'est finalement Guy Tessier, qui a cédé il y a une semaine sur le principal point d'achoppement : il s'est déclaré opposé à ce que la rade sud, entre le Frioul et les Goudes, soit inscrite en « cœur de parc », la zone la plus réglementée. Une volonté politique contredite au lendemain de cette déclaration par la nouvelle ministre. Dans une lettre de cadrage adressée au préfet et au GIP, Nathalie Koscuisko-Morizet demande que la rade sud figure dans le cœur du parc. Une divergence de vues que l'équipe de Guy Tessier relativise. « La ministre demande une inscription en cœur de parc, indique Lionel Royer-Perreault, directeur de cabinet de Guy Tessier, alors que nous proposons une inscription en aire marine adjacente, les standards de l'une comme l'autre sont proches. » L'aire serait quand même plus souple, limitant les autorisations demandées aux usagers de la rade dans le cadre de leurs activités. Pour les pro-parc, la différence est majeure. « Plus le coeur est grand, plus le parc sera financé par l'Etat », indique Victor-Hugo Espinosa, de l'association Ecoforum. Dixit Lionel Royer-Perreault, l'Etat financera « 80 agents et trois bateaux ». Pas plus, selon lui. « Alors cela ne sert à rien de vouloir faire trop grand si on ne peut pas payer », conclut-il.

Marin

Le parc devrait voir le jour au 2e semestre 2 011. Troisième parc national péri-urbain dans le monde, après ceux du Cap et de Sydney, il sera aussi le premier parc marin, avec un périmètre qui s'étendra de Marseille à la Ciotat, à huit milles des côtes.