démonstration de force au clos la rose

laurent berneron

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Les CRS envoyés dimanche par le ministre de l'Intérieur ont participé à l'opération.
Les CRS envoyés dimanche par le ministre de l'Intérieur ont participé à l'opération. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Quelque 200 fonctionnaires de police, suivis de près par des dizaines de journalistes, ont investi hier la cité du Clos la Rose (13e), où un adolescent a été assassiné vendredi et un mineur blessé par des rafales de Kalachnikov.

Vide-grenier
Vers 6 h 30, une colonne impressionnante de camions de CRS s'est répartie aux entrées et sorties de la cité, où les policiers contrôlaient les mouvements de véhicules et de personnes. Des équipes de la sécurité publique, de la brigade anticriminalité ou encore une unité cynophile ont envahi les bâtiments, examinant les parties communes, cages d'escaliers et caves. « Allez, on fait vide-grenier, tout ce qui est dans la cave on le sort », lançait un fonctionnaire à ses collègues équipés de masses et de pinces fortes. Des habitants proposaient également d'aider les policiers en leur ouvrant les portes. Dans l'une des caves, les policiers ont découvert six motos et un quad, suspectés d'être des véhicules volés ou objets de recel. Un jeune majeur et un mineur, soupçonnés d'être des « guetteurs » du trafic de drogue ont été interpellés pour consommation de stupéfiants. Ils ont finalement été relâchés dans l'après-midi. L'opération était un message de « dissuasion » aux trafiquants, a affirmé le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Illy. Des chaises utilisées par les guetteurs posées à même la rue, des inscriptions sur les murs où figurent les numéros des plaques d'immatriculation de la police, rappelaient la présence d'un trafic. « Notre but est de geler la cité, grâce à un effectif conséquent, a expliqué le préfet de police, Philippe Klayman. En sécurisant le périmètre, cela permet à la sécurité publique et à la police judiciaire (PJ) d'intervenir. ». Les agents de la PJ ont poursuivi hier leur enquête de voisinage. Frappant à chaque porte, ils ont tenté de recueillir des témoignages sur les circonstances de la mort de l'adolescent, vendredi dernier. Sur les lieux du drame, les habitants ont déposé des bougies, des fleurs et des messages de soutien à la famille du défunt. Interrogés par les journalistes, les habitants commentaient laconiquement la situation dans la cité. « Ici, ce n'est pas Marseille, c'est l'Afghanistan. Je veux partir », disait simplement l'un deux, dont une vitre du domicile et la voiture ont été touchées par la fusillade mortelle.

quotidien

Des opérations de ce type ont lieu quotidiennement depuis la venue, dimanche, du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux. Elles devraient se poursuivre jusqu'a fin décembre, au rythme d'une cité le matin et de plusieurs contrôles routiers le soir.