l'Aïd sur la sellette à saint-louis

frédéric legrand

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Si la décision se confirme, elle serait une première depuis 30 ans. Les bouchers réunis au sein du comité des chevillards marseillais ont annoncé hier qu'ils n'organiseraient pas l'abattage des moutons à Saint-Louis (15e) pour la fête de l'aïd-el-kébir. Depuis plusieurs décennies, le site accueille le principal site d'abattage officiel du département, avec plus de 1 200 moutons sur un total de 8 000 bêtes abattues dans les Bouches-du-Rhône. Propriété de la ville, le site devait être inaccessible cette année en vue des travaux de la grande mosquée. Finalement, sans solution de rechange, la mairie et la préfecture ont opté mi-octobre à nouveau pour Saint-Louis.

Subvention de 30 000 €
« On se fait trop balader, dénonce Salah Ben Messaoud, du comité des chevillards. A un mois de l'aïd, la mairie nous demande de trouver un chapiteau et des barrières pour abriter les bêtes et canaliser les clients. On n'a pas le temps de le faire si vite. » Le site devait ouvrir au moins une semaine avant le début de l'aïd, prévu le 16 ou 17 novembre, pour permettre aux fidèles de réserver leurs moutons. « Nous avons voté une subvention de 30 000 € pour les chevillards afin de leur permettre de louer le matériel nécessaire, réplique Martine Vassal, adjointe (UMP) à l'espace public. Le délai est suffisant pour passer un marché dans le privé. C'est une question de volonté, on a l'impression que les chevillards ne veulent pas organiser l'aïd. » Les bouchers devraient rencontrer demain les services de l'Etat pour tenter de débloquer la situation.