le réseau utilisait voitures et hélicoptère

A. R.

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Antoine Sollacaro, Paul Sollacaro et Patrick Maisonneuve (de gauche à droite), trois de quatre avocats de Gilbert Casanova, hier devant le tribunal correctionnel de Marseille.
Antoine Sollacaro, Paul Sollacaro et Patrick Maisonneuve (de gauche à droite), trois de quatre avocats de Gilbert Casanova, hier devant le tribunal correctionnel de Marseille. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Une organisation réglée comme du papier à musique. Dès l'ouverture du procès sur « un trafic de stupéfiants international » devant le tribunal correctionnel de Marseille, le président a cherché à préciser le rôle de chacun des douze accusés. Gilbert Casanova, ex-président de la CCI d'Ajaccio et figure du nationalisme corse, comparaît aux côtés de onze personnes, tous soupçonnés de trafic de drogue. L'homme, leader du Mouvement pour l'autodétermination, vitrine du FLNC canal habituel, a été interpellé le 22 juin 2008 à Béziers dans le cadre d'une enquête sur un trafic entre le Maroc et la France. Le même jour, plus de 560 kg de cannabis avaient été saisis à Saint-Nazaire-de-Ladarez, commune proche de Béziers, et huit autres personnes arrêtées. Parmi elles : Jean-Pierre Bernardini, le gérant de Corseus, société ajaccienne d'hélicoptères, dont un des appareils servait à transporter la résine, et les conducteurs des voitures, dont une, volée, servait à ramener la drogue vers Paris. « Ce manège existait depuis 2006, précise le président. D'après les surveillances policières, pendant que l'hélico chargeait le cannabis au Maroc, trois individus à bord de deux voitures, une C5 et une 407, servant de véhicule ouvreuse, descendaient la nuit de la région parisienne ». La C5 était récupérée le matin vers Béziers par d'autres individus arrivés de Corse dans une voiture louée. Ils la chargeaient de stupéfiants et la rendaient aux premiers individus qui la remontaient vers Paris. L'hélico, lui, repartait à Ajaccio ou partait prendre une nouvelle cargaison. Les deux personnes de la voiture louée repartaient, elles, en Corse. Interrogés hier par le tribunal, deux des conducteurs de la voiture ouvreuse, la 407, ont nié savoir ce que la C5 transportait. « Je suis un exécutant, a précisé un des prévenus, payé 2 000 € l'aller-retour. Mais je ne citerai pas la personne qui m'a embauché car je la connais et j'ai peur des représailles ». Le procès devrait durer jusqu'au 15 novembre. Gilbert Casanova devrait être entendu en fin de semaine.