La rade est pleine comme un œuf

Laurent berneron
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Quatre-vingt-cinq navires étaient en attente au mouillage hier à Marseille et Fos.
Quatre-vingt-cinq navires étaient en attente au mouillage hier à Marseille et Fos. — P. MAGNIEN/ 20 MINUTES

   Exercice maritime inédit pour la capitainerie : gérer des dizaines de bateaux dans les rades de Marseille et de Fos, bloqués en raison de la grève au port.
  « Aujourd'hui, on est à 60 bateaux au mouillage à Fos, et 25 sur Marseille », indiquait hier Amaury de Maupeou, adjoint au commandant du port. Certains sont d'ailleurs là depuis le 27 septembre, date de début du conflit. Pour la plupart, il s'agit de pétroliers, qui préférent attendre la réouverture des terminaux plutôt que de faire route vers d'autres ports. 

 Un puzzle géant
« Il n'y a pas eu beaucoup de navires à se dérouter, à part quelques porte-conteneurs qui sont partis sur Barcelone », témoigne Gilles Bellafronte, officier de quart. Résultat, les deux rades de Fos et Marseille sont pleines. A bord, la vie continue. « Les marins prennent leur quart comme s'ils étaient en mer », précise Amaury de Maupeou. Des services privés de navettes permettent aux navires d'être avitaillés ou aux équipages de regagner la terre. Pour la capitainerie, la gestion du mouillage est un puzzle géant. Il faut y placer des pièces pouvant mesurer jusqu'à 274 mètres de long, comme le Felicity, le plus gros pétrolier en ce moment. Une distance minimale est respectée entre chaque navire, en prenant en compte le cercle que chacun décrit autour de son ancre, en fonction des vents. Les Grecs qui ont fondé Marseille ne s'étaient pas trompés. Les deux rades « sont des sites exceptionnels pour mouiller, estime Amaury de Maupeou, avec beaucoup de sécurité. » En cas de vent de sud, le seul qui fait entrer la houle, « on demande simplement aux navires de rallonger leur ancre ou d'en mouiller une deuxième. »