Bataille à la pompe et répétition syndicale

laurent berneron

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Les camions-citernes (en haut) attendaient pour faire le plein au dépôt de Fos, protégés par la police, tandis que les automobilistes profitaient des stations-service approvisionnées. A Noailles (en bas), un nettoyage sommaire des déchets va être assuré par MPM.
Les camions-citernes (en haut) attendaient pour faire le plein au dépôt de Fos, protégés par la police, tandis que les automobilistes profitaient des stations-service approvisionnées. A Noailles (en bas), un nettoyage sommaire des déchets va être assuré par MPM. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

La pénurie n'est pas encore là, mais la chasse à la pompe a commencé. La situation était contrastée hier, concernant l'approvisionnement en carburant des automobilistes marseillais.
« On devait être livrés mercredi dernier. Ils sont finalement venus samedi, et aujourd'hui, il n'y a plus rien, vous voyez un peu la cadence ! » témoignait hier un pompiste d'une station Total proche de la Timone. Sur le boulevard Sakakini, du Jarret jusqu'à Saint-Just, les stations fermaient tour à tour, épuisaient leurs derniers litres ou rouvraient après un mince réapprovisionnement. Partout en ville, même valse des stations, et même galère d'automobilistes à la recherche du dernier endroit à la mode pétrole.
Dans la grande distribution, ceux qui avaient choisi Grand Littoral (15e) ont fait chou blanc, ceux qui sont partis au sud, on fait mouche. A la station d'Auchan Saint-Loup (11e), Momo fait le plein pour… 10 €. « Il m'en reste, mais je dois aller dans les Alpes, indique-t-il. S'il n'y a plus rien là-bas, au moins je pourrais redescendre. » A côté, Yves part aussi dans les Alpes, fait le plein tout autant, mais lui « s'en fout » : « Je suis en vacances, s'il n'y a plus d'essence, je rentrerai en train. »
Sur le terrain syndical, la mobilisation des transporteurs routiers était attendue : elle a finalement eu peu de conséquences dans les Bouches-du-Rhône. Dès 5 h du matin, une soixantaine de CRS et de policiers ont sécurisé le dépôt de carburant de Fos, l'un des plus importants du sud de la France. Des dizaines de camions-citernes de toute la région ont pu s'y rendre pour faire le plein. Mais les raffineries restaient à l'arrêt, leurs personnels en grève et les navires en rade : 65 bâtiments selon le port.

Rassemblements sporadiques
Aux Aygalades, des agents publics de MPM (Fsu/Cgt/Cfdt/Unsa) ont bloqué dès le matin le dépôt d'ordures des quartiers nord, utilisé par des sociétés privées. « C'est plus pour la symbolique », acquiesçait Claude Barbarian, de l'Unsa, les agents du privé (non grévistes hormis dans le 2e) ayant pu vider leurs bennes dans le dépôt sud, à la Capelette. « Le gouvernement ne veut pas bouger ? Alors il faut que l'ensemble des travailleurs soient mobilisés », notait Claude Barbarian.
Au sein du personnel hospitalier de la Timone, dans les facs, dans les écoles ou dans les lycées… Partout, des rassemblements sporadiques ont fait office de répétition avant la manifestation unitaire de ce matin au Vieux-Port, qui s'annonce suivie, notamment à la RTM. Selon la direction, entre 30 à 50 % des bus seront assurés, tandis que les métros et tramways des lignes 1 seront à l'arrêt en début de matinée. Ceux de la ligne 2 assureront entre 50 et 80 % du service.