Les ex-Nestlé gagnent en justice

Frédéric Legrand (avec AFP)

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Le groupe devra verser entre 15 000 à 55 000 € par salarié.
Le groupe devra verser entre 15 000 à 55 000 € par salarié. — TSCHAEN / SIPA

Quatre ans d'attente pour une victoire. Le conseil des prud'hommes de Marseille a condamné le géant de l'agroalimentaire Nestlé à indemniser les 140 ex-salariés de son usine de Saint-Menet (11e), a-t-on appris samedi. Dans une décision datée de jeudi, le conseil a jugé que le motif économique de leur licenciement n'était pas justifié. Le 26 mai 2004, la direction du groupe Nestlé officialisait la fermeture de son usine de Saint-Menet, créée en 1952.

« Aucune menace »
Selon les prud'hommes, pourtant « la réorganisation qui a conduit à la fermeture du site n'était pas justifiée par la nécessité de sauvegarder la compétitivité du secteur d'activité du groupe, cette compétitivité n'étant exposée à aucune menace sérieuse susceptible de mettre en jeu sa place de leader sur le marché ». Nestlé a donc été condamné à indemniser 140 salariés dont le licenciement économique était de fait « dépourvu de cause réelle et sérieuse ». Ces indemnisations se situent entre 15 000 et 55 000 € par personne, selon l'avocate des salariés, « C'est une grosse satisfaction pour les salariés qui ont lutté plus de 26 mois contre la fermeture de leur usine », affirme Me Élise Brand. Quarante nouveaux dossiers d'anciens employés de Nestlé Saint-Menet doivent être examinés par les prud'hommes le 25 janvier prochain.

reprise

Après plusieurs mois de bras de fer, les salariés de Nestlé avaient obtenu en 2006 la reprise du site par la société Netcacao , et la sauvegarde de 180 de ses 427 salariés.